L'année du 9 se termine... et laisse place à l'Ancien !
Le Feu Follet vous présente ses meilleurs voeux et son Catalogue de Livres Anciens et Modernes.
Il contient toute une partie consacrée à l'exceptionnel ensemble d’ouvrages du XIXe siècle et du début du XXe siècle réunis avec passion à partir des années 1920 par Albert-Louis Natural ; cette bibliothèque de poètes suisses d’expression française constitua sa première collection.
Il comporte en outre un superbe envoi de Camus à Maria Casarès, ainsi qu'un très rare billet autographe de Gérard de Nerval.
Faites votre choix parmi notre sélection, dans la rubrique "Offrir un cadeau": belles reliures, envois d'auteurs, éditions rares. N'hésitez pas à nous demander des conseils, nous avons des idées pour tous les amateurs de livres anciens.
Pour les fêtes, la librairie Le Feu Follet vous propose d'envoyer votre commande accompagnée d'un message à la personne de votre choix, avec un paquet cadeau offert, sans la facture. N'oubliez pas de le préciser dans le message accompagnant la commande.
Notre catalogue de Novembre 2009 vient de paraître. Vous y trouverez une sélection d'éditions originales, d'envois, de livres anciens etc...
Nous sommes à votre disposition pour répondre à toutes vos questions, vous envoyer plus de photos et enregistrer vos commandes par téléphone, e-mail ou sur place à la librairie :
6 rue de l'Epée de Bois - 75005 PARIS
Métro: Place Monge
Tél.: 01 56 08 08 85
Fax: 01 56 08 08 86
E-mail: lefeufollet@wanadoo.fr
You can order by phone in english, german or italian at:
- telephone 0033 (0)156 0808 85
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- e-mail to lefeufollet@wanadoo.fr
- on www.edition-originale.com, where you can pay by Visa, Mastercard, Paypal, or Bank Transfer.
La Librairie Le Feu Follet vous présente son catalogue de Livres anciens et Modernes de la rentrée 2009.
La première partie est consacrée aux livres anciens : Moncrif, Meares, Platon, Rabelais, Thomassin…
La deuxième partie propose plus de 250 références d’éditions originales rares, dont un très bel exemplaire des Paradis artificiels de Baudelaire, avec un très précieux envoi de celui-ci à François Buloz, fondateur et directeur de la Revue des Deux Mondes dans laquelle parurent, en édition pré-originale, 18 poèmes des Fleurs du mal.
Nous sommes à votre disposition pour répondre à toutes vos questions et enregistrer vos commandes par téléphone, e-mail ou sur place à la librairie :
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Métro : Place Monge
Nous avons le plaisir de vous annoncer la naissance d’une nouvelle revue destinée au bibliophiles, La Nouvelle Revue des Livres Anciens. Cette revue s’inscrit dans la longue tradition de revues dédiées à la bibliophilie et aux livres rares et précieux dans le passé, permettant aux bibliophiles d'approfondir leurs connaissances et de découvrir de nouveaux sujets. Elle paraîtra 3 fois par an, et la première livraison est prévue au printemps 2009 (2 numéros en 2009).
Les thèmes abordés couvriront tous les sujets chers aux bibliophiles: l'objet Livre, de la typographie à la reliure; les portraits de professionnels du Livre et de bibliophiles, d'hier et d'aujourd'hui; les grandes imprimeries, librairies et bibliothèques, privées et publiques; les grands événements, salons, ventes, expositions et conférences; les publications incontournables, livres et périodiques, etc.
La Nouvelle Revue des Livres Anciens est placée sous le parrainage de M. Christian Galantaris, Expert honoraire près la Cour d'Appel de Paris et auteur notamment du Manuel de Bibliophilie (Editions des Cendres, 1997, deux volumes in-8). Elle rassemblera les artciles d’amateurs éclairés, de libraires, de conservateurs de bibliothèques, et d’universitaires.
Les deux numéros de 2009 (printemps et automne) sont en vente par souscription au prix de 30 euros (36 euros pour l’étranger).
Il s’agît d’une revue de luxe, de format in-4 (environ 21 x 27 cm), dos carré, sur beau papier, de 80 pages environ, illustrées en couleurs, à tirage limité et numéroté. Chaque numéro proposera au moins dix grands articles de fond d'une demi-douzaine de pages. Dans le premier numéro, vous retrouverez notamment un article fondateur de Christian Galantaris, puis des articles de M. Jean-Dominique Mellot, conservateur en chef à la Bibliothèque nationale de France, ou de M. Guy Biart, Conservateur à la Bibliothèque universitaire Moretus Plantin de Namur.
La souscription peut se faire de trois façons:
1. Par chèque libellé à l'ordre de « La Nouvelle Revue des Livres Anciens », envoyé à l'adresse ci-dessous :
La Nouvelle Revue des Livres Anciens
3 B, rue des 16e et 22e Dragons
F - 51100 Reims
2. Via paypal à notre adresse paypal: nrlanciens@gmail.com
3. Par virement bancaire et dans ce cas nous vous prions de nous contacter pour vous communiquer nos coordonnées bancaires. Vous pouvez nous écrire à nrlanciens@gmail.com
Nous espérons vous compter parmi nos souscripteurs.
La rédaction.
Contact : nrlanciens@gmail.com
http://revue-livres-anciens.blogspot.com/
Quelques petits conseils pour trouver un cadeau sur EDITION-ORIGINALE.COM.
Les 15000 ouvrages référencés sur notre site sont des idées de cadeaux uniques (ou presque).
Chaque livre a été sélectionné pour sa rareté ou sa valeur bibliophilique dans tous les domaines du Savoir.
Ainsi en Littérature, nous proposons les éditions originales de grandes oeuvres imprimées à petit nombre d’exemplaires numérotés sur papiers de luxe (Vergé, Vélin, Japon, Chine…) ou/et avec une dédicace autographe de l’auteur à l’un de ses proches.
En Sciences, vous retrouverez les grands textes fondateurs dans leur édition originale, mais également de nombreux ouvrages très spécialisés présentant des théories parfois téméraires, témoins de la diversité et la richesse intellectuelle des époques précédentes.
Nos Livres Anciens , c'est-à-dire édités entre 1480 et 1780, reliés en Vélin, en Veau ou en très beaux maroquins XIXe, présentent une sélection de livres à figures, de grands textes classiques et de nombreuses éditions très rares d’œuvres littéraires, historiques ou scientifiques.
D’autres catégories telles que Voyages et Horizons lointains, Beaux-arts et Arts de vivre, Religions et Ésotérismes, etc., vous permettrons de préciser votre recherche selon vos goûts et votre curiosité.
Enfin, pour inaugurer notre toute nouvelle rubrique Estampes, Gravures, Peintures, nous avons mis en ligne quelques une des fameuses gravures de l’Edition Impériale de la Description de l’Égypte dirigée par Vivant-Denon et réalisées par les plus grands graveurs de l’époque.
Voici ci-dessous quelques exemples de recherches au hasard :
Catégorie : Littérature
Option : Tirage de tête (toute première émission, souvent sur papier de luxe tiré à très petit nombre d’exemplaires)
Option : Autographe (ou envoi de l’auteur, livre dédicacé par l’auteur pour l’un de ses proches)
Classement : prix ascendant
DOSTOIEVSKY/Gaston BATY
Crime et châtiment.
Chez l'auteur, Paris, 1933, 14x19cm, broché, tirage de tête.
Autographe
Edition originale de l'adaptation et de la traduction établies par G. Baty, un des 50 ex numérotés sur pur fil, seuls grands papiers.
Envoi de G. Baty à J.J. Bernard et à sa femme, bel exemplaire.
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K. HAEDENS
Paradoxe sur le roman.
Grasset, Paris, 1964, 12x19cm, broché, tirage de tête.
Autographe
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Louis ARAGON
Les communistes (Février-Septembre 1939).
La bibliothèque française, Paris, 1949, 12x19cm, broché, tirage de tête.
Edition originale, un des 535 ex numérotés sur pur fil, seuls grands papiers.
Signature de l'auteur sur la page de faux-titre accompagnée, en dessous, de l'ex-dono de l'ancien propriétaire.
RATON.
Traité raisonné sur l'éducation du chat domestique précédé de son Histoire philosophique et politique, et suivi du Traitement de ses maladies.
Bourayne, Paris, 1835, 11x18cm, broché.
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K. MULLER
Les merveilles du monde végétal ou voyage botanique autour du monde, essai de botanique cosmique.
Schulz & Thuillié & A. Schnée, Paris & Bruxelles, s.d., 14x20cm, 2 volumes reliés.
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L. BAUDRY DE SAUNIER
Les recettes du chauffeur : manuel pratique indiquant les procédés et les tours de main indispensables au conducteur d'une automobile, les remèdes aux pannes...
(DESCRIPTION DE L'EGYPTE ou Recueil des observations faites en Egypte... par Vivant-Denon)
André DUTERTRE / Pierre-Louis BALTARD
THEBES KARNAK Vue d'un colosse placé à l'entrée de la salle hypostyle du Palais (vol. III pl. 20), planche dessinée par André Tutertre et gravée par Pierre-Louis Baltard
Imprimerie Impériale, Paris, 1802-1830, une feuille.
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(DESCRIPTION DE L'EGYPTE ou Recueil des observations faites en Egypte... par Vivant-Denon)
CECILE (delineavit) / DUHAMEL (sculpsit)
ANTINOE, Vue de l'arc de triomphe (vol. IV, pl. 57) planche dessinnée par Cécile et gravée par Duhamel.
Imprimerie Impériale, Paris, 1802-1830, 70 X 51,5 cm, une feuille.
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Marcel ROCHE
NU. Sanguine. Dessin original à la sanguine signé Marcel Roche (1890-1959).
(circa 1930)
Tous nos ouvrages sont emballés avec soins et expédiés dès le règlement en colissimo recommandés.
Bien entendu, nous sommes à votre disposition si vous souhaitez des conseils ou si vous avez besoins de plus de renseignement ou de photos des ouvrages.
Librairie Le Feu Follet, 6 rue de l’épée de Bois, 75005 Paris. TEL : 01.56.08.08.85.
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L’équipe du Feu Follet vous souhaite de bonnes fêtes !
La monumentale première édition de la Description de l'Egypte en 13 volumes comportait 892 planches dont 72 coloriées, parmi lesquelles 9 volumes concernaient l'Antiquité. Les autres volumes traitaient de l'Histoire Naturelle et de l'Egypte moderne car Napoléon Bonaparte avait emmené avec lui une commission de savants de toutes disciplines si bien que, disait-on, dans sa description était emmagasiné 'le plus riche musée de l'Univers'. Cet ouvrage fut rédigé en partie par la baron Dominique Vivant-Denon avant que ce dernier soit nommé directeur général du Musée Napoléon au Louvre. Plus de 80 artistes et 400 graveurs furent engagés pour ce projet titanesque. Les dimensions des planches exceptionnellement grandes nécessitèrent la création d'une presse spéciale et d'un meuble spécifique pour les conserver...!
Voici, réunis en volume, la totalité des chroniques d’Henri Béraud parues dans le Merle blanc, l’hebdomadaire « qui siffle et persifle le samedi », et des portraits de contemporains publiés dans deux numéros spéciaux du même journal.
Ces 47 chroniques et 38 portraits, écrits entre 1919 et 1922, distribuent « fleurs et couronnes » en toute liberté aux gens de lettres, des arts et de la politique, tels que Maurice Rostand, Sarah Bernard, Clemenceau, Maurras.
Une courte histoire illustrée, parue dans un recueil édité par le Merle blanc, « Gahuchet », souvenir de l’ancien poilu Béraud, termine le volume.
Cette édition, préparée par Georges et Pierrette Dupont, reproduit les dessins de Bib et H.P. Gassier, illustrant les textes parus dans les journaux.
Ouvrez le volume au hasard, et dégustez dans une prose vive, alerte, truculente et solide, alternant l’ironie, l’émotion, la violente ou la gravité, un grand « cru » signé Henri Béraud.
Volume in 8° (200 x 145 mm), 288 pages, 1 portrait en frontispice,
4 illustrations hors texte en couleur, nombreuses illustrations en noir.
Tirage de tête sur papier de Rives limité à
25 exemplaires numérotés et 5 hors commerce,
vendus exclusivement à la Librairie Le Feu Follet
(Le début de ce récit constitue l'actualité du 22.05.08 - ci-dessous)
Le livre fut mis sur table à un prix modique sur lequel chaque assistant mit tour à tour une faible enchère. Il semblait sur le point d'être adjugé à un prix minime, quand Augustin Patxot ajouta 5o réaux; de Arditez Vincente en mit 150, espérant éblouir son adversaire; Patxot surenchérit de 200.
Ils restaient seuls en présence. Patxot était rouge ; Vincente était pâle. Les enchères se succédaient rapides, tantôt de 100, tantôt de 150 réaux. Le moine pâlissait toujours, le vieux libraire rougissait, comme si l'un absorbait à mesure le sang de l'autre. Vincente porta soudain le livre à 4,000 réaux. Il n'était plus pâle; il verdissait. Patxot, rouge comme un coquelicot, s'écria : 4,5oo réaux ! Vincente s'appuya au mur, les yeux fixes, enfonçant ses ongles dans sa chair, broyant ses dents, se mordant les lèvres. Enfin, après un silence terrible, voyant tous les yeux fixés sur lui, la gorge sèche, la bouche écumeuse, il murmura péniblement : 5500 réaux (1320 fr. 90 cent.)...! Un tremblement nerveux l'agitait; et, s'il n'eût été soutenu par la muraille, il serait tombé. On voyait que c'était son effort suprême et qu'il ne pouvait rien de plus. Patxot n'eut qu'une centaine de réaux à ajouter (1344 fr. 44 cent.), et le précieux incunable lui fut adjugé, aux trépignements de l'assistance peu habituée à de pareils combats.
Don Vincente s'était redressé, plus livide, plus décomposé que le saint moine du peintre espagnol, écrivant ses mémoires quinze jours après sa mort. Ses yeux s'allumèrent un instant pour lancer un éclair de colère pâle et de haine féroce à son heureux concurrent, puis, rabattant brusquement son capuchon sur son visage, il sortit de la salle à pas précipités.
Une semaine ne s'était pas encore écoulée depuis cette lutte mémorable, qu'au milieu d'une nuit sans lune, les Serenos habitués à pousser des clameurs moins effrayantes, lancèrent le cri terrible : El fuego ! L'incendie venait d'éclater avec violence après avoir longtemps couvé, dans la boutique d'Augustin Patxot. Le pauvre homme semblait avoir été surpris dans son lit, qui s'était lentement consumé sous lui. Avait-il été asphyxié par la fumée ? Avait-il été la victime d'un assassin ? C'est ce qu'il fut impossible de reconnaître, tant le corps avait été carbonisé. On retrouva d'ailleurs intacte une somme qu'il avait touchée la veille. Il était généralement estimé et on ne lui connaissait pas d'ennemis.
Cependant je ne sais quels soupçons planaient sur Don Vincente, pour qui son caractère monacal était loin alors d'être une recommandation. On se rappelait la lutte acharnée dont le livre acquis par Patxot avait été l'objet, la pâleur, les regards haineux du moine, quand il se vit distancé par son rival, et, circonstance grave, le livre si chèrement payé, que les héritiers du Bouquiniste, sachant sa valeur, avaient cherché et fait chercher partout, ce livre ne se retrouvait, ni en argent, ni en nature. -- Quand un soupçon de ce genre s'élève, on ne sait plus où il s'arrêtera.
Les uns racontèrent qu'on avait récemment trouvé, dans les fossés de l'Atarasanal (l'arsenal, la fonderie de canons), à peine recouvert de quelques branchages, le corps d'un curé, poignardé, mais encore muni de sa bourse, et ce curé avait, dit-on, été vu examinant des livres, sous les piliers de los Encantes, notamment dans la boutique de Don Vincente. D'autres parlèrent de personnes frappées de même, par des malfaiteurs qui ne les avaient pas dépouillées. Tous étaient des gens instruits et quelques-uns les clients habituels des libraires et des bouquinistes de Barcelone. Parmi ceux-là on nommait Don Pablo Rafael de N... alcade honoraire, un alcade mayor et un Bayle. On en comptait déjà huit ; quand un nouveau crime fut tout-à-coup signalé. On venait de pêcher dans le port le cadavre d'un jeune littérateur allemand, criblé de coups de couteau, mais ayant encore sa bourse dans sa poche.
Des perquisitions jusqu'alors inutiles avaient été faites chez plusieurs personnes. Mais la rumeur publique se prononçait tellement contre Don Vincente, que le Corregidor crut devoir se transporter chez lui. — L'arrivée imprévue du magistrat ne parut pas déconcerter le bouquiniste, qui s'empressa d'ouvrir toutes les pièces de son logement et se mit à la disposition de la justice pour la guider dans ses recherches. En effet il indiquait avec une verbeuse érudition le classement de ses livres, la place des exemplaires précieux et rien de suspect ne s'offrait à l'investigation du Corregidor qui se retirait assez désappointé, lorsque par hasard (par la volonté de Dieu, peut-être) il avisa, couché sur un rayon élevé, dans une chambre retirée, un Directorium inquisitorum ses yeux furent-ils attirés par l'intitulé de l'ouvrage ou par l'aspect d'une reliure curieuse ? Toujours est-il que grimpant sur une escabelle, il tira le livre à lui. Un autre volume moins grand de format, posé sur le premier de manière à être dissimulé par lui, coula sur son bras et tomba tout ouvert sur le sol. C'était un petit in-folio gothique, l'exemplaire des Furos de Arago imprimé par Palmart en 1482... ! l'exemplaire adjugé récemment à l'infortuné Patxot ! l'exemplaire que Don Vincente lui-même avait déclaré être unique !
Ce muet témoin suffisait pour motiver l'arrestation du Bouquiniste. Le Corregidor, montrant du doigt le livre à Vincente Corregidor, lui dit : — Comment ce livre est-il ici ? — On me l'a revendu, répondit-il, n'osant pas prononcer le nom de Patxot. — Emmenez cet homme en prison, dit le magistrat .
Il se laissa saisir et enchaîner sans résistance. Une fois qu'il fut sous les verroux, la justice procéda à l'inventaire détaillé de ses livres. On y découvrit plusieurs exemplaires précieux, qui, de notoriété publique, avaient été vendus aux personnes assassinées, notamment les antiquités d'Espagne et d'Afrique dont les marges étaient couvertes d'annotations autographes de Bernard Adrete , acquises chez Vincente par l'infortuné D. Pablo-Rafael de N...., quelques jours avant sa mort.
Accablé par tant de preuves convaincantes, D. Vincente ne pouvait plus opposer au juge que d'impuissantes dénégations. Ce fut toutefois seulement après avoir reçu la promesse formelle que sa bibliothèque ne serait pas dispersée; mais conservée dans son intégrité, qu'il se détermina à entrer dans la voie des aveux et à donner des détails sur les crimes qu'il avait commis.
Après avoir fait sur ses lèvres et sur ses yeux le signe de la croix, il prit ainsi la parole : « J'ai promis de dire la vérité, je la dirai. Si j'ai failli c'était dans la bonne intention d'enrichir la science, de conserver des trésors impossibles à remplacer. Qu'on me traite comme on voudra, peu m'importe, puisqu'on m'a promis de laisser intacte ma collection; car il n'est pas juste de punir le bât pour les fautes commises par l'âne qui le porte.
« C'est à ce pauvre curé que je vendis mon premier livre précieux, bien malgré moi, je le jure et contraint par la faim : male suada fames! — Le glorieux saint Jean, patron des écrivains, m'est témoin que je fis tout au monde pour l'en dégoûter. Pris ensuite de remords, je courus après lui, je lui dis : — Rendez-moi mon livre, voilà votre argent ! Il refusa, je le frappai d'un coup de machete. Il tomba ; je lui donnai l'absolution et je l'achevai.... je revins serrant contre moi mon livre reconquis. — Tenez ! c'est celui-là!.. »
— Est-ce ainsi que vous avez assassiné vos autres victimes ?
— Par la sainte Vierge et les saintes femmes, rien n'était plus simple. Quand un acquéreur s'entêtait à m'arracher un livre, avant de le remettre j'en détachais quelques pages que je conservais soigneusement; l'acquéreur me rapportait mon livre, je l'attirais dans une pièce à l'écart et l'assistance du bon larron ne m'a jamais manqué ; jamais mon bras n'a faibli.
— Ainsi vous aviez le coeur d'assassiner une créature faite à l'image de Dieu ?
— Que voulez-vous ? Les hommes sont mortels ; Dieu les rappelle à lui un peu plus tôt un peu plus tard ; ce sont les bons livres qu'il faut conserver.
— Et c'était uniquement pour des livres que vous commettiez ces meurtres ?
— Des livres ? oui ! des livres ! mais les livres, c'est la gloire de Dieu (es la gloria de Dios)
Vous êtes aussi l'assassin de Patxot ?
— Pouvais-je laisser entre ses mains un objet aussi précieux que l'unique exemplaire imprimé par Lambert Palmart ! — C'était un brave homme après tout, et je ne lui en veux pas, malgré le tort qu'il m'a fait en me privant de ce livre. Quand il a été mort, j'ai mis le feu à son lit...
—Vous lui avez laissé son argent ?
— Me prenez-vous pour un voleur ? je leur ai rendu à tous leur argent !
L'avocat de Vincente, pour défendre son client dans ce cas désespéré, soutint qu'il pouvait exister plusieurs exemplaires des livres trouvés dans sa boutique et qu'on ne pouvait condamner sur ses aveux prétendus un homme qui semblait atteint de folie.
Le fiscal, qui remplit en Espagne les fonctions de procureur du roi, fit observer qu'on ne pouvait alléguer ce moyen pour le livre de Lambert Palmart, dont il n'existait pas d'autre exemplaire.
Mais l'avocat rétorqua cet argument en prouvant par des attestations écrites qu'un second exemplaire des Furos de Arago, existait en France.
Jusqu'à ce moment Vincente s'était renfermé dans un calme imperturbable; mais en entendant la plaidoirie de son avocat il se mit à pleurer.
— Enfin, Vincente, lui dit l'Alcade, vous reconnaissez toute l'étendue de votre crime.
— Ah ! Seigneur Alcade, quelle erreur grossière j'ai commise ! Vous ne comprendrez jamais combien je suis malheureux.
— Tant mieux pour vous, accusé. Dieu vous tiendra compte de votre repentir.
— Hélas ! Seigneur Alcade, hélas ! Mon exemplaire n'est pas unique....
Vincente fut condamné à la peine du garrot et quand on lui demanda s'il n'avait rien de plus à dire, il ne trouva la force que de répéter en sanglotant
— Ah ! Seigneur Alcade, mon exemplaire n'est pas unique!
LE BOUQUINISTE ASSASSIN (Par Prosper blanchemain in Miscellanées bilbiographiques 1879)
Qu'on se rassure. Je ne médite aucune diatribe contre ces glorieux libraires qui font chaque jour monter le cours de la Bourse des livres précieux et nous vendent, au poids de l'or, pour ne pas dire au poids des billets de banque, feuillet de papier Joseph contre feuillet imprimé par un typographe de l'ancien temps, ces exemplaires uniques, ces plaquettes curieuses, ces inappréciables éditions originales de Corneille, de Racine, de Molière surtout, qu'on obtenait il y a peu d'années pour quelques francs et qu'une ferme en Beauce ne suffit pas à payer aujourd'hui. Non! Ces bouquinistes ont transformé en science et en art le commerce de la librairie. Trautz, Bauzounet, Marius, Petit-Simien et bien d'autres encore revêtent de bijouterie et de maroquin ces éditions originales que la main du poète a peut-être touchées. L'or les couvre comme l'or encadre un tableau de maître. Ce ne sont plus seulement des livres c'est de l'orfèvrerie littéraire et les hommes qui ont élevé le livre à ce niveau, s'ils vident nos poches, ne le font que d'une façon bénévole, et de notre consentement. On les appelle bien quelquefois égorgeurs, quand on ne peut atteindre au prix qu'ils demandent d'un livre qu'on voudrait avoir; mais peu leur importe. Si ce qu'ils nous vendent cher aujourd'hui peut valoir demain plus cher encore.
Ce ne sont plus les bouquinistes du bon vieux temps ; ce ne sont pas nos Merlin, nos Potier, nos Techener père mais ce sont moins encore des assassins.
En était-il de même de don Vincente, qui vivait il y a quelque quarante ans à Barcelone ? Barcelone, célèbre alors par la marquesa d'Amaëgui, que chantait si crânement Hippolyte Monpou, sur les paroles encore plus crânes du jeune et brillant Alfred de Musset.
Non; certes! Don Vincente ne rêvait point d'Andalouses au sein bruni, pas plus que de guitares et de sérénades; bien qu'il dût un jour faire damner les Alcades et qu'il y demeurât sous les arcades de los Encantes, ce coin sombre de la brillante ville espagnole où se groupaient les revendeurs d'objets achetés à l'encan (los encantes) et les marchands de vieux livres. — Don Vincente était un frère du couvent de Poblet, dont les richesses et surtout l'admirable bibliothèque, cadeau d'un des derniers rois d'Arragon, avaient été saccagées, dispersées, détruites, lors du récent pillage des monastères*. Pour se donner cette imparfaite consolation de classer, de réunir, de manier encore des livres, il s'était établi bouquiniste. Ne lisant guère, il connaissait pourtant on ne peut mieux les éditions anciennes et curieuses. Il avait un flair particulier pour deviner la valeur d'un manuscrit qu'il avait à peine entr'ouvert, et fit en peu de temps une concurrence désastreuse au plus ancien libraire de la rue, un bon homme généralement aimé, qui se nommait Augustin Patxot. Don Vincente était loin d'avoir une aussi parfaite réputation; mais il avait su pourtant s'acquérir une excellente clientèle aux dépens de son rival; sa boutique mieux garnie était plus achalandée ; pourtant il courait sur lui de mauvais bruits et l'on disait tout bas que les envahisseurs du couvent n'avaient pas été seuls à piller les livres. Don Vincente, connaissant mieux que ces pillards illettrés, le prix de ces tas de vieilles paperasses et de lourds in-folios, leur avait indiqué les endroits où se trouvaient des richesses et des provisions mieux appropriées à leurs appétits et, spéculant sur leur ignorance, se serait adjugé les plus précieux trésors de la bibliothèque.
Chose singulière ! Le moine défroqué ne montrait aucun empressement à échanger contre de l'or ces richesses qui, en ce temps-là, semblaient fort hypothétiques. Les livres ordinaires et de peu de valeur sortaient utilement de ses mains; mais il fallait qu'il se trouvât bien à court d'argent pour ouvrir au plus riche ou au plus savant amateur son arrière-boutique où, sur des rayons nombreux se pressaient des trésors qui eussent ébloui les Nodier, les Didot, les Pixérécourt, et surtout le marquis de Morante, le célèbre bibliophile espagnol.
Parvenait-on à lui arracher à prix d'or un de ces volumes conservés avec tant de soin ? On eût dit qu'on lui arrachait un morceau de sa chair, et encor courait-il quelquefois après l'acquéreur, pour lui rendre son argent et reprendre son livre. — Faisait-il quelque économie ? il en profitait aussitôt pour augmenter sa collection chérie et, dût-il ne vivre pendant de longues journées que de quelques fruits avariés, rien ne lui coûtait pour accroître son trésor.
Vers le milieu de l'année 1836, on vendit aux enchères la bibliothèque d'un vieil avocat, récemment décédé. Parmi les ouvrages consacrés à l'étude du Droit ancien, dont elle était composée, il s'en trouvait un, qui excitait toutes les convoitises de Don Vincente. C'était l'exemplaire unique des Furs e ordinations fetes per los Gloriosos reys de Arago als regnicols del regne de Valencia, petit in-folio gothique, édition originale imprimée en 1482 à Valence, par Lambert Palmart, introducteur de l'imprimerie en Espagne.
Don Vincente avait réuni toutes les ressources qu'il pouvait se procurer sur ses économies, sur des ventes qu'il se hâta de réaliser à des prix réduits, soit enfin en ayant recours à des emprunts; aussi espérait-il se rendre adjudicataire.
(...) à suivre.
*Ceci se passait sous la régence de la reine Christine de Bourbon, à l'époque où Don Carlos disputait le trône à Isabelle II.
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30.08.2007
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13.07.2007
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