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Albert CAMUS Noces

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Albert CAMUS

Noces

Gallimard, Paris 1950, 11,5x18cm, reliure de l'éditeur.


Nouvelle édition imprimée à 1050 exemplaires numérotés sur vélin Navarre de Voiron.
Reliure de l’éditeur en plein cartonnage réalisé d’après la maquette originale de Mario Prassinos.
Précieux et important envoi autographe signé d'Albert Camus à René Char :
« à René Char, ces premières Noces,
avec le meilleur du cœur.
Albert Camus ».


L’amitié entre Albert Camus et René Char figure parmi les plus belles et fructueuses de la littérature française.
Rien ne semblait destiner l’écrivain journaliste algérois et le poète provençal à se rencontrer et encore moins à s’apprécier. Camus n’entendait rien à la poésie et Char n’avait aucun goût pour le roman, ceux de Maurice Blanchot mis à part.
Pourtant, c’est par leurs œuvres respectives que les deux artistes se découvrent et s’apprécient. Ainsi avant Camus et Char se rencontrent Caligula et Hypnos, illustrant tous deux la responsabilité du poète face à la violence du monde.
« Dans nos ténèbres, il n’y a pas une place pour la Beauté. Toute la place est pour la Beauté. » (Char, Feuillets d’Hypnos).
C’est cette exigence commune de la Beauté comme réponse politique à la démesure des idéologies qui unit les deux artistes au sortir de la guerre.
Ferment de leur amitié, cette première « reconnaissance » inaugure une correspondance de douze années au fil de laquelle croît leur affection mutuelle et se révèlent leur convergences artistiques :
« Je crois que notre fraternité – sur tous les plans – va encore plus loin que nous l’envisageons et que nous l’éprouvons. » (Char à Camus, 3 novembre 1951).
« Quelle bonne et profonde chose que de se détacher peu à peu de tout ce et tous ceux qui ne méritent rien et de reconnaître peu à peu à travers les années et les frontières une famille d’esprits. Comme on se sent beaucoup tout d’un coup à être enfin quelques-uns… » (Camus à Char, 26 février 1950)
Ces « quelques-uns », référence à la citation de Gide : « Je crois à la vertu du petit nombre ; le monde sera sauvé par quelques-uns », Char et Camus tenteront de les rassembler en fondant ensemble la revue Empédocle : « Il est peut-être temps que les quelques-uns dont parlait Gide se réunissent » écrit Camus à Guilloux en janvier 1949. Ils publieront des écrits de Gracq, Melville, Grenier, Guilloux, Blanchot, Ponge, Rilke, Kafka… Les dissensions internes auront rapidement raison de la revue, et c’est ensemble qu’ils abandonneront le projet.
Leur amitié, elle, est sans ombre. Les deux hommes se retrouvent régulièrement en Provence, terre natale de Char et devenue, grâce à lui, le pays d’adoption de Camus.
Ils partagent leurs manuscrits, se confient leur doutes : « Plus je produis et moins je suis sûr. Sur le chemin où marche un artiste, la nuit tombe de plus en plus épaisse. Finalement, il meurt aveugle. Ma seule foi est que la lumière l’habite, au-dedans, et qu’il ne peut la voir, et qu’elle rayonne quand même. Mais comment en être sûr. C’est pourquoi il faut bien s’appuyer sur l’ami, quand il sait et comprend, et qu’il marche lui-même du même pas. »
Ils se dédient leurs œuvres (la réédition des Feuillets d’Hypnos et Actuelles) et s’adressent sur chaque nouvel exemplaire des dédicaces qui, chacune, scellent leur fraternité d’armes et d’âme.
« à René Char qui aide à vivre, en attendant notre royaume, son ami et son frère en espoir. » (manuscrit de La Peste)
« Pour Albert Camus, un des très rares hommes que j’admire et que j’aime et dont l’œuvre est l’honneur de ce temps. René Char » (Fureur et mystère)
« [à RENÉ CHAR], frère de route, ce livre de bord d’un commun voyage vers le temps des hommes, en attendant midi. Affectueusement Albert Camus » (Actuelles I)
« Pour Albert Camus, dont l’amitié et l’œuvre forment une Présence qui éclaire et fortifie les yeux » (Art bref)
« Ah si seulement les poètes consentaient à redevenir ce qu’ils étaient autrefois : des voyants qui nous parlent de ce qui est possible… Que ne nous donnent-ils l’avant-goût des vertus à venir. Nietzsche ».
« A René Char, frère de ceux-ci, dont il a fait toute la route avec l'admiration et l'affection de son ami. / Albert Camus »

Notre exemplaire, lui, a sans doute été adressé en octobre 1953 avec les autres « reliés » (les cartonnages Prassinos – cf. lettre du 23 octobre 1953).
Camus avait déja adressé à Char un premier exemplaire de cette ode à son pays natal, initialement parue en 1939, bien avant leur rencontre : A René Char, pour ramener entre nous deux ces années où je ne le connaissais pas mais qui contenait déja les raisons de notre amitié.".
Cette seconde dédicace sur "ces premières Noces" souligne combien cette oeuvre de jeunesse qui célèbre "les noces de l’homme avec le monde" est une révélation précoce de ce qu'ils nommeront leur "fraternité de planète".
A la mort de Camus, Char publie La postérité du soleil, leur œuvre commune écrite en 1952, hommage à leur amitié et à : « cet arrière-pays qui est à l'image du nôtre, invisible à autrui ».

Très bel exemplaire d'une exceptionnelle provenance.

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