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Edition Originale

Charles BAUDELAIRE (sous le nom de BAUDELAIRE DUFAYS) Salon de 1845

12 000 €

Réf : 61468

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Charles BAUDELAIRE (sous le nom de BAUDELAIRE DUFAYS)

Salon de 1845

Jules Labitte, Paris 1845, 11,5x18,5cm, relié.


Édition originale très rare et très recherchée (cf. Clouzot) publiée sous le nom de Baudelaire-Dufaÿs et dont il n’a été tiré que 500 exemplaires, la plupart détruit par le poète, selon Champfleury : « Le manque de personnalité faisait tellement souffrir Baudelaire que, sans doute par crainte de certains rapports d’idées avec Heine et Stendhal, il détruisit tous les exemplaires qui restaient. » (Champfleury, Portraits et souvenirs de jeunesse).
Reliure postérieure à la bradel en demi percaline indigo, dos lisse, pièce de titre de maroquin rouge, plats, gardes et contreplats de papier à la cuve, coins supérieurs émoussés, fragiles couvertures conservées.
Véritable entrée en scène littéraire, cette première œuvre de Baudelaire est bien plus qu’un simple compte rendu d’exposition. Sous l’égide de Diderot et de ses célèbres Salons, le jeune et ambitieux auteur veut offrir à ses contemporains un manifeste esthétique et poétique, annonçant, par substitution, son propre avènement : « M. Delacroix est décidément le peintre le plus original des temps anciens et des temps modernes. »
Les thèmes de prédilection et le style singulier du poète affleurent au fil des pages tour à tour élogieuses et virulentes. Ainsi à propos de Delacroix : « À droite dans le haut, un petit bout de ciel ou de rocher – quelque chose de bleu ; – les yeux de la Madeleine sont fermés, la bouche est molle et languissante, les cheveux épars. Nul, à moins de la voir, ne peut imaginer ce que l’artiste a mis de poésie intime, mystérieuse et romantique dans cette simple tête. ». Au sujet d’Horace Vernet, la prose est plus acerbe : « Cette peinture africaine est plus froide qu’une belle journée d’hiver. – Tout y est d’une blancheur et d’une clarté désespérantes. »
Principale passion de Baudelaire et ferment de son écriture, la peinture fut naturellement le thème de cette première publication qu’il souhaitait retentissante. En prévision d’un succès dont il ne doutait pas, le jeune critique avait d’ailleurs fait imprimer sur le second plat de couverture une liste d’essais sur la peinture et les artistes prétendument « sous presse » et « pour paraître prochainement » qui ne seront jamais publiées.
L’échec de cette œuvre inaugurale, passée inaperçue, et la fadeur des critiques furent une considérable déception pour le poète. Le 30 juin 1845, à peine un mois et demi après la parution de son opuscule, Baudelaire adressait à son conseil judiciaire une lettre annonçant son suicide : « Je me tue parce que je suis inutile aux autres et dangereux à moi-même. Je me tue parce que je me crois immortel, et que j’espère. »
Avec le Salon de 1846, il réitérera la critique artistique. Cependant, cette fois, le second plat n’annoncera pas la parution de nouveaux discours esthétiques mais de ce qui sera désormais la principale aspiration de Baudelaire, son œuvre poétique.
Pourtant, cette passion picturale qui anime le jeune critique ne se démentira jamais et traversera l’écriture baudelairienne jusqu’aux Curiosités esthétiques qui achèveront la vie et l’œuvre du poète.
Précieux exemplaire, quasi exempt de rousseur, du premier livre de Baudelaire.

12 000 €

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