Librairie Le Feu Follet - Paris - +33 (0)1 56 08 08 85  - Nous contacter - 31 Rue Henri Barbusse, 75005 Paris

Livres anciens - Bibliophilie - Œuvres d'art


Vente - Expertise - Achat
Les Partenaires du feu follet Ilab : International League of Antiquarian Booksellers SLAM : Syndicat national de la Librairie Ancienne et Moderne






   Edition originale
   Autographe
   Idée cadeaux
+ de critères

Rechercher parmi 30096 livres rares :
éditions originales, livres anciens de l'incunable au XVIIIè, livres modernes

Recherche avancée
Inscription

Recevoir notre catalogue

Rubriques

Echos
Catalogues
Illustrateurs Gazette du Bon Ton
Essais bibliographiques
Portfolio
Editorial
Evenements
e-bibliotheque
A la librairie
Nouveautes
L'enigme
Contributions
Focus
Termes et concepts de la bibliophilie

Essais bibliographiques

Les grandes heures du Collège de France

Les grandes heures du Collège de FranceLes grandes heures du Collège de France
Les grandes heures du Collège de France

 

Né de l’esprit humaniste de la Renaissance, le Collège de France, fondé en 1530 par Guillaume Budé, « maître de librairie » de François Ier, est un haut lieu d’excellence et de transmission du savoir. Depuis le XVIème siècle, il n’eut de cesse de contribuer à l’épanouissement et au rayonnement de la pensée intellectuelle française. Dispensant des cours gratuits et ouverts à tous dans les domaines scientifiques, littéraires et artistiques, le Collège de France sut rester fidèle au fil des siècles aux valeurs de sa devise fondatrice :

Docet omnia (Il enseigne tout).

Créé dans un contexte où les intelligences éprises de nouvelles découvertes renouaient avec les trésors de la pensée antique, offerts par l’invention de l’imprimerie, le Collège de France eut dès l’origine vocation à tendre vers un savoir universel. Alors nommé « Collège royal », ses lecteurs, des humanistes payés par le roi, était chargés d’y enseigner des disciplines que l’Université de Paris ignorait. Les chaires de grec et d’hébreu furent ainsi les premières créées. En 1707, les chaires étaient au nombre de vingt, puis de quarante en 1870, année durant laquelle le Collège royal, puis impérial, devint le Collège de France. A l’heure actuelle, l’institution compte quarante-cinq chaires regroupées en cinq départements : mathématique et sciences numériques, physique et chimie, sciences du vivant, sciences humaines, histoire et littérature.

Nous proposons ici une importante sélection d’ouvrages permettant de retracer l’histoire de quelques-uns de ses plus illustres professeurs et de leurs travaux, depuis le siècle de Guillaume Budé jusqu’à l’orée du XXIème siècle.

Cette lignée de grands esprits débuta sous l’Ancien Régime avec des personnalités telles que le contemporain d’Ambroise Paré, Louis Duret (1527-1586), médecin des rois Charles IX et Henri III, qui occupa la chaire de médecine de 1567 à 1586. Son traité Hippocratis magni coacae praenotiones. Opus admirabile, intres libros distributum, paru en 1588, raviva les savoirs antiques du père fondateur de la médecine.

Du côté des belles-lettres, citons le poète et humaniste Jean Passerat (1534-1602), titulaire d'une chaire d'éloquence à partir de 1572. Ses œuvres, Kalendae Januariae, & Varia quaedam Poëmatia, De caecitate oratio, Praefatiuncula in disputationem de ridiculis, quae est apud Ciceronem in libro secundo de Oratore,  Le premier livre des poèmes, publiées entre 1595 et 1603, illustrent les grandes heures de la rhétorique française sous le règne d’Henri IV. 

Le Collège royal au siècle des Lumières brilla par l’effervescence des travaux de ses lecteurs, qui contribuèrent considérablement aux fondements de la pensée occidentale moderne. Possédant presque toutes les langues de l’Europe et de l’Asie, l’orientaliste Etienne Fourmont (1683-1745), nommé professeur d'arabe en 1715, fut l’un des plus grands linguistes de son temps. Ses Réflexions critiques sur l'histoire des anciens peuples Chaldéens, Hébreux, Phéniciens, Egyptiens, Grecs, etc. jusqu'au temps de Cyrus annoncent les prémices du goût et des recherches ethnographiques en Orient qui marqueront tout le XIXème siècle ; à l’instar du Voyage en Arménie et en Perse, fait dans les années 1805 et 1806, par P. Amédée Jaubert (1779-1847), orientaliste élu professeur de persan en 1838. De même, l’helléniste et latiniste Jean Terrasson (1670-1750), titulaire de la chaire de philosophie grecque et latine à partir de 1720, participa, avec Sethos, Histoire ou vie, tirée des monuments, anecdotes de l'ancienne Egypte, à la curiosité pour les « mystères égyptiens » qui occuperont les grandes heures napoléoniennes.

Jacques Delille (1738-1813) poète et traducteur, nommé en 1778 à la chaire de poésie latine, développa une poésie de la nature qui sut jeter un pont entre les sensibilités scientifiques et littéraires de son temps. Les premiers succès de sa traduction des Géorgiques de Virgile portèrent sa renommée jusqu’à ses fameuses odes Les Jardins ou l'Art d'embellir les paysages, ou encore Les Trois Règnes de la nature.

Le grand XIXème siècle du Collège de France compta parmi ses plus illustres professeurs Georges Cuvier (1769-1832), qui honora la chaire d’Histoire naturelle de 1800 à 1832. Le Recueil des éloges historiques lus dans les séances publiques de l’Académie des sciences, comme son Rapport historique sur les progrès des sciences naturelles depuis 1789, et sur leur état actuel, ainsi que le Discours sur les révolutions de la surface du globe et sur les changements qu'elles ont produits dans le règne animal, rendent compte des réflexions ayant permis des avancées sans précédent dans l’histoire des sciences naturelles. Le médecin et biologiste Pierre Flourens, (1794-1867), considéré comme l'un des fondateurs des neurosciences expérimentales, succéda à Cuvier au Collège de France. En 1835, il obtient la chaire intitulée "Histoire naturelle des corps organisés", qu’il occupa jusqu’en 1867. Il rendit hommage à son prédécesseur à travers une Analyse raisonnée des travaux de Georges Cuvier précédée de son éloge historique.

Autre grand nom du temps, Jules Michelet (1798-1874) anima la chaire d’Histoire et morale de 1838 jusqu’à sa destitution par le régime de Napoléon III. Ce père fondateur de l’Histoire de France, auteur du Tableau chronologique de l'histoire moderne et des Origines du droit français cherchées dans les symboles et formules du droit universel figure parmi les grandes références historiographiques des disciplines historiques.

Aux premières années du Second Empire, Charles-Augustin Sainte-Beuve (1804-1869) obtint  momentanément la chaire de poésie latine du Collège de France. Sa leçon inaugurale consacrée à « Virgile et L'Énéide », donnée le 9 mars 1855, fut perturbée par des étudiants dénonçant son ralliement à Napoléon III. Il démissionna le 20 mars.  Ses Poésies complètes et critiques de La Bruyère et La Rochefoucauld - Mme de Lafayette et Mme de Longueville, aussi bien que les Portraits littéraires et Portraits contemporains en font l’un des plus éminents acteurs du paysage littéraire du XIXème siècle.

C’est en tant que professeur d’hébreu que l’écrivain, philologue, philosophe et historien Ernest Renan (1823-1892) investit le Collège de France à partir de 1862. Suspendu deux ans plus tard, en 1864, à la suite de propos jugés sacrilège sur Jésus Christ, il renouera avec l’institution en 1883 en en devenant l’administrateur.  Ses écrits, parmi lesquels, De l'origine du langage, Etudes d'histoire religieuse, Les apôtres, Saint Paul, Prière sur l'Acropole ont considérablement apporté à l’histoire des religions en lançant les bases d’une réflexion profane et anthropologique. Sa Correspondance 1847-1892 avec Marcellin Berthelot, professeur de chimie organique à partir de 1865, nous renseigne sur les étroites relations de ces deux éminentes figures du Collège de France.
Les générations de professeurs qui se sont succédées tout au long du XXème siècle,  constitue les grandes heures de la vie intellectuelle française, dont la renommée et l’autorité nourrissent aujourd’hui encore les mouvements de la pensée contemporaine.

Avec Henri Bergson (1859-1941) nommé en 1900, l’institution donna à sa chaire de philosophie grecque une personnalité d’envergure. Erigé en rempart contre le positivisme impérieux d’Auguste Comte, Bergson redonna à l’homme et à la pensée une dimension métaphysique. Note sur les origines psychologiques de notre croyance à la loi de causalité et Port-Tarascon - Dernières aventures de l'illustre Tartarin, figurent parmi les œuvres proposées. En 1952, Maurice Merleau-Ponty (1908 – 1961) lui succèdera avec une conférence inaugurale intitulée « Éloge de la philosophie », inspirant et enthousiasmant la jeune génération de philosophes. Humanisme et terreur, essai sur le problème communiste, Sens et non-sens, Les aventures de la dialectique, et Signes comptent parmi les ouvrages majeurs de sa pensée.

L’immense esprit que fut Paul Valery (1871-1945) mérita lui aussi de rejoindre les bancs du Collège de France, où fut spécialement créée pour lui la chaire de Poétique en 1937. La jeune parque, La soirée avec Mr Teste, Album de vers anciens. 1890-1920, Situation de Baudelaire, Poësie. Essais sur la poëtique et la poëte, ou Moralités, sont autant d’œuvres ayant nourri l’âme de ce nouvel enseignement. Yves Bonnefoy, auteur de L’improbable et Pierre écrite, élu en 1981 au Collège de France, où il enseigna à la chaire d'études comparées de la fonction poétique jusqu'en 1993, s’inscrira dans cet héritage.

Roland Barthes (1915-1980) et Michel Foucault (1926-1984), occupèrent également des chaires spécialisées de la nouvelle pensée structuraliste française. Barthes donna sa Leçon inaugurale sur la chaire de sémiologie littéraire du Collège de France en 1977, tandis que Foucault fut, entre 1970 et 1984, titulaire d'une chaire à laquelle il donna pour titre « Histoire des systèmes de pensée ». L’ensemble de son œuvre, Naissance de la clinique ou La volonté de savoir s’articule autour de cette approche épistémologique.

Claude Lévi-Strauss (1908-2009), fut professeur honoraire et fondateur de la chaire d’anthropologie sociale qu’il honora de 1959 à 1982. Ses nombreux travaux, Race et histoire, Race et civilisation, Mythologiques, Tome III : L'origine des manières de table, La geste d'Asdiwal, Place de l'anthropologie dans les sciences sociales et problèmes posés par son enseignement, ou Du miel aux cendres, participèrent à la considération des excès de l’ethnocentrisme occidental et à l’ouverture à la pluralité des cultures. Aux côtés d’André Leroi-Gourhan (1911- 1986), maître de la Préhistoire de l'art occidental, élu professeur de 1969 à 1982, il fut l’une des figures emblématiques du développement des nouvelles sciences humaines et sociales du XXème siècle. 


Ces quelques noms illustres - ainsi que de nombreux autres parmi lesquels Marie-André Ampère, Désiré Nisard, Edgar Quinet, Fernand Braudel, Georges Dumézil… - ont contribué au prestige de cette institution sans équivalent dans le monde.

Nous vous proposons ici une sélection d’œuvres en éditions originales ou dédicacées des grands esprits qui ont contribué à la brillante histoire du Collège de France :

 
Professeurs du Collège de France 
Laisser un commentaire
Assistance en ligne