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Maurice BLANCHOT Autour du langage. Manuscrit autographe et tapuscrit complets

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Maurice BLANCHOT

Autour du langage. Manuscrit autographe et tapuscrit complets

S.n. (Journal des débats), s.l. (Paris) s.d. (1944), 13,5x21,5cm & 2 pages in-4, 2 1/2 pages in-8.


Manuscrit autographe de l’auteur de 2 pages et demie in-8 publié dans le numéro du 17 février 1944 du Journal des Débats.
Manuscrit recto-verso complet, à l’écriture très dense, comportant de nombreux ratures, corrections et ajouts.
On joint le tapuscrit complet.
Chronique parue à l’occasion de la publication de La Géographie linguistique d’Albert Dauzat.
 
 
La question du langage est bien entendu au centre de la pensée de Maurice Blanchot et particulièrement en ces années fondatrices de son œuvre. Quelques mois avant cette chronique, il avait livré, en guise d’introduction à son premier recueil critique, Faux Pas (1943), un texte magistral intitulé « De l’angoisse au langage », dans lequel il exposait l’importance de l’expérience intérieure et de la lutte de l’écrivain avec le langage.
La parution de La Géographie linguistique d’Albert Dauzat, qu’il juge excellente, est l’occasion pour Blanchot, en ce mois de février 1944, de revenir à cette problématique, par le biais de la linguistique : « [Pour notre langue], la principale opération de salut a été la reprise de contact avec le latin ; c’est cette référence à un langage solide qui, notamment à l’époque de la Renaissance, au prix de quelques sacrifices, a arrêté l’action destructrice de la phonétique et revivifié les parlers populaires eux-mêmes. Le latin des humanistes a contenu l’évolution – qui était aussi la dissolution – des langues issues du latin populaire. Telle est la leçon que nous offre l’étude des patois et de l’argot. La langue littéraire et savante en sort réhabilitée. »
 
Intéressante chronique sur l’Histoire du langage.

Entre avril 1941 et août 1944, Maurice Blanchot publia dans la "Chronique de la vie intellectuelle" du Journal des Débats 173 articles sur les livres récemment parus.
Dans une demi-page de journal (soit environ sept pages in-8), le jeune auteur de "Thomas l'obscur" fait ses premiers pas dans le domaine de la critique littéraire et inaugure ainsi une oeuvre théorique qu'il développera plus tard dans ces nombreux essais, de "La Part du feu" à "L'Entretien infini" et "L'Écriture du désastre".
Dès les premiers articles, Blanchot fait preuve d'une acuité d'analyse dépassant largement l'actualité littéraire qui en motive l'écriture. Oscillant entre classiques et modernes, écrivains de premier ordre et romanciers mineurs, il pose, dans ses chroniques, les fondements d'une pensée critique qui marquera la seconde partie du XXe.
Transformé par l'écriture et par la guerre, Blanchot rompt, au fil d'une pensée exercée "au nom de l'autre", avec les violentes certitudes maurassiennes de sa jeunesse.
Non sans paradoxe, il transforme alors la critique littéraire en acte philosophique de résistance intellectuelle à la barbarie au c?ur même d'un journal "ouvertement maréchaliste": "Brûler un livre, en écrire, sont les deux actes entre lesquels la culture inscrit ses oscillations contraires" (Le Livre, In Journal des Débats, 20 janvier 1943).
En 2007, les Cahiers de la NRF réunissent sous la direction de Christophe Bident toutes les chroniques littéraires non encore publiées en volumes avec cette pertinente analyse du travail critique de Blanchot : "romans, poèmes, essais donnent lieu à une réflexion singulière, toujours plus sûre de sa propre rhétorique, livrée davantage à l'écho de l'impossible ou aux sirènes de la disparition. (...) Non sans contradictions ni pas de côté, et dans la certitude fiévreuse d'une ?uvre qui commence (...) ces articles révèlent la généalogie d'un critique qui a transformé l'occasion de la chronique en nécessité de la pensée." (C. Bident).
Les manuscrits autographes de Maurice Blanchot sont d'une grande rareté.

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