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(Jean-Paul SARTRE) Maurice BLANCHOT Le mythe d'Oreste. Manuscrit autographe et tapuscrit complets

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(Jean-Paul SARTRE) Maurice BLANCHOT

Le mythe d'Oreste. Manuscrit autographe et tapuscrit complets

S.n. (Journal des débats), s.l. (Paris) s.d. (1943), 13,5x21,5cm & 4 pages in-4, 4 1/2 pages in-8.


Manuscrit autographe de l’auteur de 4 pages et demie in-8 publié dans le numéro du 27 juillet 1943 du Journal des Débats.
Manuscrit recto-verso complet, à l’écriture très dense, comportant de nombreux ratures, corrections et ajouts.
Chronique littéraire parue à l'occasion de la publication de la pièce Les Mouches de Jean-Paul Sartre.
On joint le tapuscrit complet.
 
Quand, à l’été 1943, Maurice Blanchot décide de consacrer un article aux Mouches, ce n’est pas la première fois qu’il s’intéresse à Jean-Paul Sartre. Dès les années 1930 et l’époque de ses contributions à l’hebdomadaire financier et satirique Aux écoutes, il a chroniqué les œuvres du philosophe. Ainsi, en 1938, saluait-il la parution de La Nausée, y voyant une « entreprise si rare, si importante, si nécessaire que, même imparfaite, elle mérite les plus grandes louanges ».
Quelques semaines avant cette chronique du Journal des Débats, Sartre avait publié dans les Cahiers du Sud une longue et sévère critique d’Aminadab de Blanchot, auquel il reprochait, en dépit de ses qualités, les emprunts au fantastique kafkaïen ; dans ce texte, Sartre semblait répondre presque point par point aux remarques de Blanchot sur son premier roman quelques années plus tôt.
Pourtant, en ce mois de juillet 1943, Blanchot choisit de donner une lecture favorable de la pièce de Sartre et souligne sa « valeur et « [sa] signification exceptionnelles » : « L’un des thèmes des Mouches, c’est qu’il suffit qu’un homme se connaisse libre pour que tous les autres le soient. L’ordre et dieux meurent dès qu’un seul homme a poussé son accomplissement jusqu’au terme de la liberté. Telle est la vraie raison pour laquelle le libre crime d’Oreste affranchit ses compatriotes et a pour les autres le même sens que pour lui. »
Non sans ruse, Blanchot avouera à Bataille avoir mis de côté ses objections sur Les Mouches, en réalité importantes, pour des raisons strictement stratégiques. C’est d’ailleurs le dernier paragraphe du « Mythe d’Oreste », où Blanchot laisse transparaître quelques critiques, qui comporte le plus grand nombre de biffures et d’ajouts, dans un manuscrit au demeurant relativement propre et conforme au tapuscrit. Ainsi, cherchant la formule équilibrée, Blanchot a supprimé une dernière phrase laissée inachevée, relative aux « failles d’Oreste ».
Malgré ces réserves partagées, malgré la méfiance de Sartre, malgré leurs oppositions parfois bien réelles, les deux hommes s’estiment néanmoins et collaboreront, Sartre accueillant notamment Blanchot dans les pages des Temps Modernes pour des textes aussi importants que « Le Paradoxe d’Aytré » (n° 9, juin 1946) ou « A la rencontre de Sade » (n° 25, octobre 1947).

Entre avril 1941 et août 1944, Maurice Blanchot publia dans la "Chronique de la vie intellectuelle" du Journal des Débats 173 articles sur les livres récemment parus. Dans une demi-page de journal (soit environ sept pages in-8), le jeune auteur de Thomas l'obscur fait ses premiers pas dans le domaine de la critique littéraire et inaugure ainsi une oeuvre théorique qu'il développera plus tard dans ces nombreux essais, de La Part du feu à L'Entretien infini et L'Écriture du désastre. Dès les premiers articles, Blanchot fait preuve d'une acuité d'analyse dépassant largement l'actualité littéraire qui en motive l'écriture. Oscillant entre classiques et modernes, écrivains de premier ordre et romanciers mineurs, il pose, dans ses chroniques, les fondements d'une pensée critique qui marquera la seconde partie du XXe. Transformé par l’écriture et par la guerre, Blanchot rompt, au fil d'une pensée exercée "au nom de l'autre", avec les violentes certitudes maurassiennes de sa jeunesse. Non sans paradoxe, il transforme alors la critique littéraire en acte philosophique de résistance intellectuelle à la barbarie au cœur même d'un journal "ouvertement maréchaliste": "Brûler un livre, en écrire, sont les deux actes entre lesquels la culture inscrit ses oscillations contraires" (Le Livre, In Journal des Débats, 20 janvier 1943). En 2007, les Cahiers de la NRF réunissent sous la direction de Christophe Bident toutes les chroniques littéraires non encore publiées en volumes avec cette pertinente analyse du travail critique de Blanchot : "romans, poèmes, essais donnent lieu à une réflexion singulière, toujours plus sûre de sa propre rhétorique, livrée davantage à l'écho de l'impossible ou aux sirènes de la disparition. (...) Non sans contradictions ni pas de côté, et dans la certitude fiévreuse d'une œuvre qui commence (...) ces articles révèlent la généalogie d'un critique qui a transformé l'occasion de la chronique en nécessité de la pensée." (C. Bident). Les manuscrits autographes de Maurice Blanchot sont d'une grande rareté.

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