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Guy de MAUPASSANT Déclaration passionnée à la comtesse Potocka "Je ne dis pas que je vous ai aimé – je dis que j’ai été atteint, comme d’autres, par votre pouvoir"

10 000 €

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Guy de MAUPASSANT

Déclaration passionnée à la comtesse Potocka "Je ne dis pas que je vous ai aimé – je dis que j’ai été atteint, comme d’autres, par votre pouvoir"

Paris 11 mars 1889, 10x15,5cm, 7 pages sur deux feuillets rempliés.


« Je ne dis pas que je vous ai aimé – je dis que j’ai été atteint, comme d’autres, par votre pouvoir »
Exceptionnelle lettre autographe signée de Guy de Maupassant, 123 lignes à l'encre noire sur deux feuillets. Jointe, une enveloppe à l’adresse de la comtesse au 14 bis rue Chateaubriand.
Cette remarquable missive, probablement inédite, résume les années d’attente et de souffrance amoureuse de Maupassant passées aux côtés de la comtesse Potocka. L’écrivain s’expose enfin dans une ultime et amère lettre d’aveux et dévoile les combats intérieurs acharnés auxquels il s’est livré depuis sa rencontre avec cet être au charme irrésistible.
Cette déclaration, longuement repoussée par Maupassant qui se contentait jusqu’alors de civilités et de quelques discrets épanchements dans sa correspondance, trahit les violents sentiments de l’écrivain envers la comtesse Potocka. L’écrivain séducteur resté célèbre pour ses nombreuses conquêtes féminines ploie cette fois sous la domination de son amie ; ces lignes douloureuses et libératrices sont donc le témoignage unique et sublime d’une immédiate passion que l’écrivain avait dissimulé depuis leur rencontre dans le salon de la comtesse, et qu’il confesse enfin : « Aucune femme ne m’a plu dès l’abord, comme vous ».
Emmanuela Pignatelli di Cergharia fut l’épouse du très riche comte polonais Nicolas Potocki, qui lui laissait une grande liberté. Son salon parisien avenue Friedland fut dès 1882 l’extravagant rendez-vous d’une élite d’écrivains, hommes du monde, et de lettrés, et recevait chaque vendredi un aréopage de prétendants « morts d’amour », ironiquement appelés « Macchabées ». Egérie de Guerlain qui crée pour elle un parfum intitulé Shore’s caprice et des écrivains du Tout-Paris, elle inspira en premier lieu Maupassant, qui donne ses traits à Christiane Andermatt dans Mont-Oriol, et à Michèle de Burne dans Notre cœur. Leur splendide correspondance s’étend sur plusieurs années jusqu’à l’internement de Maupassant. A la date de l'écriture de cette lettre, le 11 mars 1889, la comtesse tenait encore salon chez sa mère rue de Chateaubriand. Maupassant est un fidèle de ses soirées depuis de nombreuses années comme le fera remarquer Proust dans une chronique du Figaro de 1904 : « Maupassant allait tous les jours chez elle » ; il fut même ironiquement élevé au rang de « secrétaire perpétuel du Conseil permanent du club des Macchabées ».
La confession furieuse de Maupassant débute sur un ton éminemment dramatique (« je vais ici vous faire un aveu que je suis peut-être le seul homme capable de vous faire »).  Il s’agit avant tout pour Maupassant de se démarquer d’une foule de prétendants dans la même position que lui, auxquels la comtesse réserve un égal traitement : une « influence dominatrice » insupportable pour l’esprit libre de l’écrivain, qui se targue d’être « méfiant, très dissimulé, très observateur et très maître de [lui] ». Averti dès le début du cruel manège qu’elle menait dans son cénacle de soupirants, il lui déclare : « On m’avait dit de vous beaucoup de mal […] Je me suis d’autant plus méfié, d’autant plus roidi que je subissais terriblement votre charme. » L’écrivain se livre à une amère confession et s’avoue vaincu devant le charme manipulateur de la comtesse.
La question de l’honnêteté semble un leitmotiv cher à Maupassant tout au long de la lettre. La comtesse et lui évoluent dans les sphères mondaines (l’écrivain organise de nombreux dîners à Paris et en province), et leur relation a dès son commencement mêlé amour et amitié, dans un subliminal jeu de séduction. La comtesse semble donc douter de la sincérité de son ami « Vous prétendez que vous ne me comprenez pas, vous pensez que j’ai toujours eu vis-à-vis de vous l’attitude d’un finaud » ; il lui rétorque : « Si vous dites encore que je ne suis pas franc c’est que la tour Eiffel n’est pas en fer ». Cette mention du monument rappelle la véhémente opposition de Maupassant à l’érection de la tour Eiffel (inaugurée le 30 mars de la même année), contre laquelle il signa une pétition. Maupassant dévoile à travers ces lignes la duplicité de leur relation et les nombreux préjugés de la comtesse, qui refusait de reconnaître les signes d’un amour naissant : « Ne croyez pas qu’on soit amoureux comme on est irascible ou doux ! Non. On le devient, suivant sa nature. Vous avez toujours nié cette absolue vérité ».
A sa passion dévorante qu’il nourrit pour la comtesse Potocka, Maupassant oppose sa raison et son « égoïsme » : « « En Auvergne j’ai failli être amoureux de vous. Je l’ai même été. Mais j’ai vaincu cela […] j’ai la faculté de me dominer par le raisonnement poussé à l’extrême puissance. Après de véritables défaites intérieures je finissais toujours par me reprendre à vous ». L’âme cartésienne de l’écrivain se livre à un véritable combat contre l’ardeur de ses sentiments, mais le style de cette lettre hors du commun trahit ses tourments. Les phrases abruptes et les éruptions de son amour déraisonnable se distinguent absolument de la correspondance amicale qu’échangeait Maupassant avec la comtesse, et donnent à la lettre une importance capitale à leur liaison. Elles constituent le point culminant d’une passion qu’il a choisi de rejeter avant de s’y abandonner plus avant – il termine sa lettre sur cette sombre et superbe sentence : « On peut s’arrêter sur les pentes si on a le vertige et si on retourne à temps ; mais si on se met à courir en descendant, c’est fini. J’ai eu le vertige et j’ai eu peur. »
Sublime témoignage de la grande passion de Maupassant pour la fascinante comtesse Potocka, qui tint sous son charme le Paris littéraire et mondain de la fin du siècle.



 

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