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Guy de MAUPASSANT Lettre autographe signée à la Comtesse Potocka : " Voulez vous que je vous garde le manuscrit de la très longue nouvelle que je termine en ce moment. C'est presque un roman."

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Guy de MAUPASSANT

Lettre autographe signée à la Comtesse Potocka : " Voulez vous que je vous garde le manuscrit de la très longue nouvelle que je termine en ce moment. C'est presque un roman."

Cannes 17 février 1884, 11,5x17,7cm, 6 pages sur deux feuillets doubles.


Lettre autographe signée de Guy de Maupassant à la comtesse Potocka, 124 lignes à l'encre noire sur deux doubles feuillets, enveloppe jointe. Un tampon postal sur l'enveloppe indique la date du 17 février 1884.
Publiée dans Marlo Johnston, « Lettres inédites de Maupassant à la comtesse Potocka », Histoires littéraires, n°40, octobre-novembre-décembre 2009.
Importante lettre de Guy de Maupassant à la comtesse Potocka, riche aristocrate mondaine et intellectuelle pour laquelle l'écrivain a nourri jusqu'à sa mort une passion violente et inassouvie. Maupassant désire lui offrir un manuscrit d'une de ses nouvelles, intitulée L'Héritage, et confie dans d'admirables lignes son indéfectible admiration pour elle.
Alors qu'il se plonge dans l'écriture de son chef-d'œuvre Bel-Ami, Maupassant signe ici une fabuleuse lettre adressée à sa muse, dont la grande beauté et la personnalité volage apparaissent en filigrane de ses nouvelles et de ses grandes oeuvres romanesques (Mont-Oriol, Notre Cœur, Humble drame).
Publiée dans Marlo Johnston, Histoires littéraires, n°40, octobre-novembre-décembre 2009. 
Maupassant écrit à Emmanuela Pignatelli di Cergharia, épouse du comte Nicolas Potocki, qui occupait avenue Friedland à Paris, un hôtel somptueux où elle réunissait une véritable cour de soupirants "morts d'amour pour elle", surnommés « Macchabées » par allusion aux sept frères martyrs de la Bible. Rencontrée quelques années auparavant, elle exerça une grande influence sur Maupassant, l'année de cette missive – 1884 – marquant l'apogée de leur liaison. Leurs relations mondaines et épistolaires se poursuivirent jusqu'à l'internement de l'écrivain à la clinique du docteur Blanche en janvier 1892.
La lettre est adressée depuis Cannes où Maupassant séjourne depuis le mois de décembre 1884. Propulsé au-devant de la scène littéraire française grâce à son roman Une Vie (1883), il enchaîne articles, reportages et nouvelles parues dans Le Gaulois, Le Figaro, et Gil Blas. Ce séjour dans le vieux bourg de Cannes, rue du Redan, a très certainement inspiré le voyage cannois de Georges Duroy, le héros de son célèbre roman Bel-Ami paru en 1885 dans Gil Blas, ainsi que l'agonie du personnage de Charles Forestier, venu soigner sa phtisie dans la même ville.
Maupassant, dandy exilé à Cannes, prétend dans cette lettre mener une vie d'abstinence monacale : « Oui, madame, jeune complet, disette, famine. Et, ma foi, tranquillité, grâce à Saint-Benoît. On me cite ici deux ou trois vieilles qui unissent l'âge à la richesse et qui pourraient peut être convenir à mes projets. Jusqu'ici j'ai refusé de les voir. Je vis honnête dans la continence ! ». Pourtant loin de fuir le monde, il embarque une foule de connaissances à bord de la Louisette, son petit bateau de pêche acheté en 1883, et semble s'amuser de cette compagnie frivole qu'il conte en détails à la comtesse Potocka : « Je promène en mon bateau la princesse de Sagan que je trouve fort aimable, Mme de Gallifet, spirituelle, mais plus banalement gracieuse, une dame de Montgomery, laide mais originale, et le duc de Chartres qui photographie à outrance les paysages et nous-mêmes […] Je vous parle de tous ces gens là parce que je pense que vous les connaissez plus ou moins. Entre temps je fais des farces. J'ai deux ou trois victimes excellentes, et je monte une prétendue affaire financière, qui, je l'espère, rendra fous deux ou trois sots de mes amis. Voilà ma vie ». Maupassant prévoit également de poursuivre son voyage jusqu'en Italie, qu'il effectuera l'année suivante aux côtés du peintre Henri Gerveix – un autre soupirant de la comtesse et habitué de son salon de l'avenue Friedland.  Tout au long de la lettre, l'écrivain tentera par de nombreux stratagèmes de se montrer désirable et sollicité par d'autres femmes « J'ai reçu plusieurs lettres d'inconnues, datées de Paris. J'ai fait un dossier que je vous montrerai. Leur littérature est bien médiocre et peu faite pour monter la tête ou le désir ».
Pourtant, au-delà de leurs échanges mondains, cette lettre se distingue du reste de la correspondance entre la comtesse et l'écrivain par une rarissime et importante confidence littéraire : « Voulez vous que je vous garde le manuscrit de la très longue nouvelle que je termine en ce moment. C'est presque un roman. Elle ira au Figaro à moins qu'il ne soit choqué par quelques passages ; auxquel cas je lui réserverai la suivante qui sera plus courte, plus chaste et plus poëtique ; mais aussi moins gaie, je le crois du moins ». La nouvelle en question, intitulée L'Héritage, fut finalement publiée un mois plus tard dans La vie militaire, et mettait en scène un pauvre ménage d'employés qui ne devait toucher l'héritage d'une vieille tante qu'à condition de concevoir un enfant dans l'année. Quelques jours plus tard, il sauvera le manuscrit des flammes après qu'un incendie s'est déclaré dans sa chambre à Cannes. Ce passage manifeste également la confiance qu'il plaçait en sa muse, qui a contribué au succès d'Une Vie et dont les traits se retrouvent chez la baronne de Frémines de Notre Coeur et chez l'héroïne de Mont-Oriol.
La lettre contient en outre de magnifiques lignes d'une bouleversante franchise, évoquant une fameuse excursion en Auvergne avec la comtesse l'été précédent, alors que Maupassant se soignait à l'Hôtel des Princes de Chatel-Guyon. Cette promenade champêtre a sans nul doute resserré les liens confus qui les unissaient et déclenché la passion ardente de l'écrivain : « Mais dites moi pourquoi certains souvenirs vous reviennent sans cesse, partout. Je pense et je repense à notre excursion autour du lac Pavin. A tout instant, chez moi, dehors, dans la campagne, je revois la grande cuvette pleine d'eau bleue et garnie d'arbres, je revois l'entaille du ravin par où on arrive à ce cratère défunt, et je vous vois, marchant devant moi et arrachant des herbes d'un geste brusque. De temps en temps vous vous tourniez pour regarder les bois et je cherchais à comprendre ce qu'il y avait dans votre œil, derrière votre œil, ce secret d'une pensée inconnue ». Maupassant couchera sur le papier la personnalité énigmatique de la comtesse à travers deux personnages de l'exquise nouvelle intitulée Humble drame, également située au lac Pavin, qu'il signa de son nom de plume Maufrigneuse (Gil Blas, 2 octobre 1883). Réminiscence d'un passé intime et heureux, cette visite est pourtant chargée de regrets : « Si nous causons, j'aimais longuement avec intimité, ce que j'espère, je vous dirai bien des idées que j'ai eues ce jour là, des idées sur vous, sur votre esprit, sur votre nature. Je me suis peut être trompé mais je ne le crois pas. C'est la fois où je vous ai vue le plus clairement, me semble t-il ? Ces idées d'ailleurs m'ont donné l'envie de vous connaître davantage. Et puis… et puis j'ai compris qu'il fallait toujours jouer aux propos interrompus et converser par rébus, non pas par votre faute, mais par la faute du destin ; et voilà comment je ne vous ai point dit ce tas de choses que j'ai vous en réserve ».
Exceptionnelle missive d'un Maupassant transi d'amour, offrant un unique regard sur la vie littéraire, mondaine et intime de l'écrivain pendant son exil de sa vie parisienne dans le Sud de la France.

Provenance : collection Jean Bonna.

6 000 €

Réf : 66408

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