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Pierre BELON L'histoire de la nature des oyseaux, avec leurs descriptions, & naïfs portraicts retirez du naturel : escrite en sept livres

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Pierre BELON

L'histoire de la nature des oyseaux, avec leurs descriptions, & naïfs portraicts retirez du naturel : escrite en sept livres

Benoît Prévost se vend chez Gilles Corrozet, Paris 1555, in-folio (21,5x32cm), (28) 381pp. Sig.: ã6 ~e4 ~i4 a-f6 g4 h-m6 n4 o-t6 v4 x-z6 A6 (A6 blanc) B-E6 F4 G-I6 K4 L3, relié.


Édition originale, rare et précieuse. Six pages de titre spécifiques : Anatomie et De la physiologie des oiseaux, Oiseaux de proie, Oiseaux nageurs, Oiseaux de rivages, Gallinacés, Corbeaux (et espèces semblables), Petits oiseaux chanteurs.
Cette édition est illustrée d’une magistrale marque d’imprimeur sur la page de titre, d’un portrait de l’auteur âgé de trente-six ans au verso de ce même feuillet, de deux planches des squelettes de l’homme et de l’oiseau, et de 158 grandes vignettes in-texte, de formats variés. Les gravures ont été exécutées d’après les dessins du peintre parisien Pierre Goudet (en réalité Gourdelle) et d’autres artistes anonymes. Le portrait ainsi que sept des figures d’oiseaux ont été attribués à Geoffroy Tory par Auguste Bernard (in Geoffroy Tory Peintre et graveur, premier imprimeur royal, Paris, 1865). Nombreuses lettrines historiées et attrayants bandeaux. Une vaste table de tous les oiseaux.
Reliure postérieure du XVIIIème en demi basane brune, dos à six nerfs orné d’une dentelle dorée en tête et de roulettes et filets dorés, ainsi que d’une pièce de titre de maroquin rouge, fers à l’oiseau dorés en queue, plats de papier façon vélin.
Très discrètes restaurations sur le dos. Le dernier feuillet blanc L4 est absent. Une habile restauration de papier en marge haute de la page de titre. Mouillure claire allant en s’amenuisant en marge basse des deux premiers cahiers. Deux autres mouillures plus importantes en marge intérieure et au coin supérieur gauche affectant les dernières pages. Ex-libris manuscrit de l’époque sur la page de titre.
Première description et classification en français des oiseaux, qui pose les bases de la méthode comparative, deux cents ans avant Geoffroy Saint-Hilaire et Cuvier. Pierre Belon (1517-1564), est l’un des premiers ornithologistes de la Renaissance. Il a visiblement réalisé de très nombreuses dissections, procède par comparaison des becs et des serres et tente de leur trouver des formes anatomiques communes. Pour la toute première fois, il met en parallèle le squelette humain et celui des oiseaux, mais sans pour autant exploiter ses observations et en tirer des conclusions pratiques, comme le feront les naturalistes du XIXème siècle.
Avec la même rigueur mise en œuvre pour sa description des poissons en 1551 et qu’il systématise ici, il décrit les oiseaux en s’inspirant des principes aristotéliciens, les classant, d’après ses propres observations, en fonction de leur comportement et leur anatomie : les oiseaux de proie, les oiseaux d’eau (nageurs ou palmipèdes), les omnivores (principalement les échassiers) et les petits oiseaux (subdivisés à leur tour en insectivores et en granivores).
Quelques présences, qui peuvent de prime abord sembler étonnantes, sont à souligner dans la description de Belon, qui classe les chauves-souris parmi les rapaces, tout en expliquant qu’il a tout-à-fait conscience qu’il ne s’agit pas d’un oiseau :
« Long-temps y a qu’on a mis en doute, à sçavoir si la souri-chauve devoit estre mise au nombre des oyseaux ou au raeng des animaux terrestres [...] La voyant voler et avoir aelles l’avons advouée oyseau [...]Pline [et] Aristote aussi ont fait entendre qu’ils n’ont ignoré qu’elle alaicte ses petits de deux mammelles de sa poictrine, qui sont en elle comme en l’homme. [...] Les latins l’ont nommée Vespertilio ; Mais pour l’affinité que luy voyons avec une souris l’avons nommée chauvesouris... » (L’Histoire de la nature des oyseaux, livre II)
Outre la chauve-souris, il évoque le cas de plusieurs créatures fabuleuses dans le dernier chapitre du premier livre consacré à « plusieurs oyseaux incongruz » : « Maintes choses ont ésté escrites de divers oyseaux, qui nous ont semblé fabuleuses : qui est cause que nous les avons separees de celles qu’estimons vrayes : ioinct qu’on en à autresfois cognu aucuns, desquels n’avons que le seul nom. » Dans ce chapitre, Belon nomme des espèces imaginaires dont il donne des descriptions très précises tant physiques que comportementales. Il évoque ainsi plusieurs figures mythologiques décrites pas les auteurs antiques ou rapportées par les légendes : Pegasus, un « oyseau ayant teste de cheval », les Sirènes qui ont « face & voix humaines » et « plumes & pieds d’oyseaux ». Le Cercio, quant à lui, est « encor plus babillart que les Papegaulx, & apprend mieux à parler comme les hommes ». Certains spécimens, non plus anthropomorphiques mais présentés comme hostiles aux hommes, sont dépeints d’une manière effrayante : les Mennonudes se nourrissent de chair humaine et les Stymphalides « n’estant moins cruëls aux hommes, que les Lions & Pantheres, & les assaillent s’ils les veullent chasser, & les frapants de leur bec, les navrent à mort ». Belon expose également le cas d’oiseaux fabuleux dont les propriétés physiologiques sont utiles aux hommes, notamment l’Hercynia « dont les plumes luisent come feu [...] dont souvent les hommes du païs allants de nuict, en sont esclairez » ou la Scylla qui, selon les magiciens, renferme en son sein une gemme nommée Chloriten qui en alliage avec le fer aurait des propriétés merveilleuses.
À la fin du sixième livre, il consacre cette fois un chapitre entier au phénix, dont il donne une description là encore très précise : « Lon dit qu’il est de la grandeur d’une Aigle. Les plumes qui sont autour de sont col, sont de couleur resplendissante sur l’or. Le demeurant du corps est de couleur purpuree. Sa queuë est entre couleur de blauez, & distinguee de plumes de couleur de roses. Le dessus de sa teste est embelly de la forme de creste de plumes eslevees. »
Cependant, on remarque que s’il intègre ces animaux imaginaires à sa classification, il n’en propose aucune illustration car celles-ci sont toutes réalisées d’après nature.
Philippe Glardon, auteur de la préface de la réédition de L’Histoire de la nature des oyseaux, (Droz, Genève, 1997) estime que ces exemples étonnants, en apparence relégués en fin de chapitres, servent en réalité à unifier la classification de Belon et à équilibrer l’ouvrage. Il note ainsi à la suite de Jean Céard que : « Le monstrueux est omniprésent dans l’horizon du XVlème siècle. […]. Outre la part assez large faite au fantastique dans Ie but d’émerveiller, et de satisfaire à l’exigence d’une culture mythologique sans laquelle on n’eut pu parler d’érudition à l’époque, Ie monstrueux, […] démonstration de la puissance créatrice de la nature, […] se justifie aussi chez Belon par sa fonction organisatrice au sein du discours classificateur. » Cependant, Belon distingue nettement ces descriptions fantasmagoriques « d’oyseaux incognus pris de divers auheurs » de son étude rigoureuse des spécimens observables « desquels avons meilleure cognoissance » qui constituent la véritable originalité de son ouvrage, « comme on pourra voir par noz discours des livres suyvants ».
Cet ouvrage, complété en 1557 par une suite intitulée Pourtraicts d’oyseaux deviendra à partir du XVIIème siècle une référence de la littérature ornithologique. Il fut pourtant peu considéré par ses contemporains, car parut à la même époque, l’Historia animalium de Conrad Gessner, autre naturaliste alors plus populaire que Belon.
Exceptionnel exemplaire superbement illustré de cette première description ornithologique française, comptant parmi les grands ouvrages scientifiques de la Renaissance.

 



 
 

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