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[David DUVAL DE SANADON] [ESCLAVAGE] Réclamations et observations des colons, sur l'idée de l'abolition de la traite et de l'affranchissement des Nègres

900 €

Réf : 54129

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[David DUVAL DE SANADON]

[ESCLAVAGE] Réclamations et observations des colons, sur l'idée de l'abolition de la traite et de l'affranchissement des Nègres

S.n., s.l. Septembre 1789, in-8 (12x21cm), 52pp., relié.


Rare édition originale avec fausse mention de seconde édition de cet ouvrage paru anonymement et attribué à David Duval de Sanadon par Barbier et Quérard.
Reliure moderne à la bradel en plein cartonnage gris clair. Dos lisse, pièce de titre de papier.
Très rare témoignage d’un contempteur de l’un des plus nobles combats de la Révolution française : l’abolition de l’esclavage.
David Duval de Sanadon (1748-1816) né en Guadeloupe, colon et planteur de Saint-Domingue, fut défenseur de l’esclavage et fervent royaliste. Il rédigea plusieurs travaux sur le sujet : Précis sur l’esclavage des Nègres (1789), Discours sur l’esclavage des nègres et sur l’idée de leur affranchissement dans les colonies (1786), Précis sur l’esclavage des nègres (1789).
Ce court pamphlet s’ouvre, en plein contexte de la Révolution française, sur le constat de l’importante mobilisation de l’opinion en faveur de l’abolition de l’esclavage : « Oui, sans doute, il est temps de ramener l’opinion publique égarée, enflammée sur beaucoup de questions auxquelles tiennent la tranquillité publique et la marche assurée du Gouvernement. Parmi ce nombre est celle de l’esclavage des Nègres, qui a donné naissance à tant d’écrits, et produit une fermentation qui menace les Colonies françaises d’un embrasement prochain, et d’une révolution funeste à la métropole elle-même. » Sanadon met immédiatement en opposition les Colons et les Français métropolitains qui « poussés par un zèle [...] ne craignent pas de mettre en danger les propriétés, l’existence de leurs concitoyens, de leurs frères, et d’exposer les Colonies à la plus horrible catastrophe », dressant un tableau des plus pessimistes : « Tous les liens de la subordination sont rompus, tous les travaux sont abandonnés ; les scènes les plus cruelles se préparent ; l’affreux signal est donné : au nom de liberté, tout s’écrie, tout s’arme [...] Ces tableaux sont-ils exagérés ? Y ont-ils bien réfléchi, ces passionnés défenseurs de la cause des Noirs ? Ignorent-ils, ou peuvent-ils se dissimuler la réalité de ces effets désastreux ? ». L’auteur fait ici clairement référence aux nombreuses sociétés anti-esclavagistes qui se constituèrent à la fin des années 1780, non seulement en France, mais aussi aux États-Unis et en Angleterre. Leur important travail de dénonciation contribua à l’élaboration de multiples pétitions revendiquant l’abolition de l’esclavage dans les colonies. En France, en 1789, on ne dénombre pas moins d’une cinquantaine de cahiers de doléances sur le sujet.
Aux arguments humanistes et universalistes des abolitionnistes, Sanadon oppose le traditionnel argument économique et tente de démontrer que le commerce métropolitain est dépendant des colonies et qu’abolir l’esclavage serait une « idée invraisemblable » et lourde de conséquences. En outre, le planteur estime qu’il est du devoir de la France de conserver les colonies, de les protéger et de les développer car elles sont la garantie d’une place stratégique sur le marché européen et plus particulièrement face à la concurrence anglaise, sur laquelle il convient de prendre l’avantage.
Ces thèses ne seront pas ignorées par Mirabeau pourtant abolitionniste convaincu et membre fondateur en 1788 de la Société des amis des Noirs, qui militera pour une suppression progressive de l’esclavage. C’est justement la situation « explosive » de Saint-Domingue, modèle de la pensée de Sanadon et emblème de la traite négrière, qui incite Mirabeau à proposer la mise en place d’une transition vers une économie de travailleurs salariés bien plus rentable et productive que celui des esclaves » (Serge Bianchi, « Les Bières flottantes des négriers, un discours non prononcé sur l’abolition de la traite des Noirs », in Annales historiques de la Révolution française, 2001).
Malgré sa virulence, un texte comme celui de Sanadon ne constitue donc pas une défense aveugle des privilèges coloniaux. Argumentés et fondés sur une expérience concrète, ces libelles sont un véritable défi pour les idéaux humanistes des révolutionnaires, qui devront prouver la viabilité d’une société éthique et égalitaire.
Conscient de la transformation inéluctable de la société et de la valeur des arguments humanistes, Sanadon mêle à sa diatribe une supplication, au nom de tous les colons, adressée aux États Généraux à qui il réclame un changement de régime des territoires colonisés censé éviter leur totale disparition. Aussi milite-t-il pour le rejet du projet d’abolition de la traite au profit de la création d’« une police dans l’achat et le transport des Nègres qui satisfasse à la fois le vœu de l’humanité et celui même du commerce de France ainsi que des Colons ».
C’est toutefois fidèle à la pensée royaliste de l’Ancien Régime sur l’ordre naturel de l’organisation sociale que Sanadon achève son ouvrage en affirmant un état naturel de l’esclavage : « Les colonies ne peuvent être cultivées que par des Nègres esclaves. [...] Par des Nègres esclaves, parce tel était originairement leur sort en Afrique ; parce que tel a été jusqu’aujourd’hui leur sort dans les Colonies ; parce qu’il serait impossible de les contenir s’ils venaient à être affranchis... »
étonnant document réactionnaire emblématique de la peur des privilégiés face à l’avènement du siècle des Droits de l’Homme.
 

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