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Antoine François PREVOST D'EXILES (dit Abbé PREVOST) Histoire générale des voyages ou Nouvelle collection de toutes les relations de voyages par mer et par terre, qui ont été publiées jusqu'à présent dans les différentes langues de toutes les nations connues

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Antoine François PREVOST D'EXILES (dit Abbé PREVOST)

Histoire générale des voyages ou Nouvelle collection de toutes les relations de voyages par mer et par terre, qui ont été publiées jusqu'à présent dans les différentes langues de toutes les nations connues

chez Didot & chez Rozet, à Paris 1749-1768, in-12 (10 x 16,5cm), 72 volumes reliés.


Première édition in-12 traduite de l’anglais par l’abbé Prévost après l’édition originale en français parue en 1746 (20 volumes in-4). L’édition originale en langue anglaise rédigée par John Green (16..?-1757) est, quant à elle, parue en 1745.

Les 72 volumes sont ornés de 324 gravures et d’un portrait de l’auteur dessinés par Charles-Nicolas Cochin fils et de 230 cartes et plans par Bellin. Pages de titre en rouge et noir.

Reliures uniformes en plein veau brun. Dos à cinq nerfs ornés de fleurons, de roulettes et de filets d’encadrement dorés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, plats ornés d’un double ou triple filet doré selon les exemplaires, filets dorés sur les coupes, toutes tranches rouges ou mouchetées de vert et rouge selon les volumes. Pièces de tomaison manquantes sur les tomes LXI et LXV.

L'ensemble des 72 volumes se décompose comme suit :

-les livres I à VI concernent le sud-est asiatique et les Indes orientales

-les tomes VII à XVIII s'intéressent à l'Afrique

-les volumes XIX à XXIV sont présentés comme une suite des premiers livres et traitent à nouveau de l'Asie en se concentrant surtout sur la Chine

-les livres XXV à XXIX concernent la Tartarie orientale (Asie centrale septentrionale), le Tibet et en partie la Chine

-les tomes XXX à XXXIV portent une nouvelle fois sur les Indes orientales et sur les voyages des Hollandais et autres navigateurs s'y étant rendus

-le volume XXXV est à part et volontairement présenté comme tel dans la mesure où il compile les voyages d'un seul explorateur, Fernand Mendez Pinto, sans véritablement entrer dans la trame globale de l'Histoire générale des voyages. Ainsi, l'abbé Prévost écrit à ce sujet dans l’avertissement de ce même volume : « je dois au Public un article détaché qui n'a pû (sic) trouver place dans le plan des Anglais, parce qu'il ne regarde particulièrement aucun lieu ; qui ne peut être rejetté (sic) non plus entre les voyages autour du monde, parce qu'il n'a pas cette étendue, ni même entre ceux que j'ai nommés voyages errans, parce qu'il n'embrasse point d'autres pays que ceux des Indes ».

-le tome XXXVI suit le même dessein que le précédent en se focalisant sur la côte de Malabar et sur les structures coloniales françaises qui y sont présentes

-les livres XXXVII et XXXVIII traitent de l'Hindoustan

-le volume XXXIX se concentre sur les Philippines

-les tomes XL et XLI portent à la fois sur le Japon et sur le sud-ouest des Indes orientales

-le livre XLII se focalise sur les voyages « en terres australes et en Antarctique »

-les volumes XLIII et XLIV rapportent les voyages respectifs de Guillaume Dampier et de Gemelli Careri autour du monde, ce dernier allant jusqu'à Mexico et permettant ainsi à l’auteur d’annoncer le tome suivant qui inaugure les relations de voyages en Amérique

-en effet, à partir du tome XLV et jusqu'au tome LVIII, l'abbé Prévost rassemble les récits de voyages en Amérique, décrivant ainsi l'Amérique septentrionale, le Mexique, le Pérou, le Brésil

-les livres LIX et LX concernent les Antilles

-les volumes LXI à LXIV tiennent lieu de tables des matières

-à partir du tome LXV et jusqu'au tome LXVIII inclus, tous les ouvrages prennent le titre de Suite de l'Histoire générale des voyages et traitent de à nouveau de l'Asie à travers les voyages d'explorateurs Hollandais

-finalement, les livres du tome LXIX au tome LXXII, sont intitulés Continuation de l'Histoire générale des voyages et concernent les voyages entrepris en Sibérie

Les huit derniers volumes, presque toujours absents, sont édités par Panckoucke et concernent le Groenland, le Kamtchatka et la Laponie.

Les cartes et les planches qui illustrent les volumes résultent d’un choix personnel de l’abbé Prévost. Il explique que, mécontent des figures de l’édition anglaise, il souhaite changer les illustrations dans leur totalité. Pour les cartes, il fait appel à Bellin, « Ingénieur de la Marine, Garde du Dépôt Royal des Plans et des Cartes ». La réalisation des planches, quant à elle, a été confiée à Cochin Fils, « aussi connu par la richesse et l’agrément de son invention, que par la délicatesse de sa gravure ». Il commente ce choix dans son avertissement en déclarant : « Quoique les figures anglaises ne soient pas sans beauté, on trouvera la différence fort grande à l’avantage des miennes. » Le rôle de l’abbé Prévost n’est donc pas seulement celui d’un traducteur et d’un commentateur : il se substitue à l’éditeur, donnant naissance à un tout nouveau projet éditorial dont il est le principal instigateur. Dans cette même perspective, plusieurs chercheurs remarquent que, s’il se cantonne à traduire le texte des huit premiers volumes quasi littéralement, Prévost prend bien vite la liberté, à partir du douzième tome, de compléter voire de modifier le texte de son homologue anglais.

Antoine-François Prévost d’Exiles, dit abbé Prévost (1697-1763), fut homme d’Église, romancier, journaliste et historien français. Bien qu’ayant prononcé ses vœux en novembre 1721, ses liens avec l’Église furent ponctués de nombreux conflits l’amenant à fuir régulièrement à l’étranger, notamment en Hollande et à Londres. Ces nombreux déplacements hors de France ont sans doute contribué à favoriser son intérêt pour la littérature de voyage : il accepta ainsi de traduire A New General Collection of Voyages and Travels par John Green sous le titre français Histoire générale des voyages, texte dont la parution commença en Angleterre dès 1745. L’objectif premier était de rassembler en un même corpus les meilleurs écrits parus sur les différentes régions du monde.

Pour constituer son Histoire des voyages, l’abbé Prévost s’appuie sur les relations de voyages connues à son époque. Il pose un regard critique sur les textes des grands voyageurs qui, selon lui, ne rapportent pas tant l’histoire des pays visités que celle de « leurs voyages et de leurs observations ». Dans Anthropologie et histoire au siècle des Lumières (1971), Michèle Duchet explique que « Prévost inaugure en France la critique des relations de voyages ». L’abbé est ainsi soucieux de prendre chaque information avec prudence en vérifiant soigneusement ses sources et en cherchant à exercer un regard critique sur les relations qu’il est amené à présenter tout en cédant parfois, cependant, à un propos teinté de sensationnalisme. Ainsi, certains passages de son commentaire sont tirés de la fiction, par exemple l’Iliade et l’Odyssée d’Homère qui illustrent l’histoire de la navigation et du commerce. L’Histoire des voyages s’avère donc un ouvrage composite au style inédit mêlant histoire, géographie, fiction et récits de voyage de grands explorateurs, caractéristique de l’auteur des Mémoires et aventures d’une homme de qualité.

Sylviane Albertan-Coppola dans son article « L’abbé Prévost romancier et éditeur de voyages » (in Roman et récit de voyage, Presses de l’Université de Paris-Sorbonne, 2001), souligne cette interaction entre littérature et voyage : « Avec Prévost, le lecteur s’embarque dans un roman comme dans un voyage et dans un voyage comme dans un roman, ce qui n’est pas sans poser quelques intéressants problèmes d’ordre narratif autant que scientifique. [...] Jouant sur les deux types d’écriture, celle du roman et celle du voyage, Prévost rend ainsi le roman plus vrai, conformément à un critère cher aux romanciers du XVIIIème siècle, et il confère aux récits de voyage des accents romanesques, qui correspondent au goût des lecteurs du temps. Les deux genres alors se rejoignent sous le sceau de la littérature d’évasion. »

Si l’on consulte l’article « Voyage, voyageur » du Chevalier de Jaucourt publié dans l’Encyclopédie, on remarque que la distinction est faite entre le « voyage de long cours » dont les observations sont destinées à enrichir la science et le « voyage d’éducation » ayant, lui, des visées pédagogiques. Jouant sur ces différents niveaux de connaissance, l’abbé Prévost utilise indéniablement les voyages au long cours à des fins didactiques. L’abondance des illustrations et l’irruption du romanesque (pour exemple cette romance des deux jeunes Indiens vendus comme esclaves et épris l’un de l’autre) servent clairement ce projet. Ainsi les gravures qui accompagnent les descriptions écrites doivent-elles être parlantes, et témoignent du souci primordial de l’abbé Prévost : éveiller l’intérêt de son lectorat en lui faisant partager « l’étonnement» des voyageurs, s’inscrivant dans cette manière dans la tradition oratoire cicéronienne du « plaire et instruire ».

Première des grandes compilations de relations de voyages, cette importante somme encyclopédique fut une mine d’informations pour ses divers lecteurs : encyclopédistes, historiens et romanciers.

Exceptionnel ensemble abondamment illustré, rare en reliure uniforme.

 

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