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Edition Originale

(Willem DE KOONING) Willem de Kooning - Mario. Photographies Originales


(Willem DE KOONING)

Marc TRIVIER

Willem de Kooning - Mario. Photographies Originales

Par l'auteur, s.l. 1981-1984, 22x22cm sur papier Ilford 30x40cm, 2 planches photographiques.


Grand portrait photographique original en noir et blanc réalisé et tiré par Marc Trivier.
Photographies d’artistes, de fous, d’arbres ou d’abattoirs, Marc Trivier aborde tous ces sujets avec un regard aussi précis qu’intense. « Dans sa cosmogonie, chaque chose, chaque être, végétal, animal ou humain, mérite le même respect. Car tous sont confrontés à la même loi d'airain : la solitude. » (Luc Desbenoit). La beauté qui émane de ses photos vient de cette nudité. Il n’y a ni retouches, ni recadrages. On retrouve dans son œuvre le même format carré qui piège notre regard dans des photographies où le fard de la couleur est rejeté pour un noir et blanc incisif. Toute artificialité ayant disparu nous ne faisons pas face à la mise en scène d’un sujet mais à une présence exacerbée par la lumière irradiante et singulière, témoin d’un instant de vie et non de pose. C’est cette lumière, liée au médium de Trivier et qui l’obsède, qui donne à ses œuvres l’aura qui les si présentes : « De trente-cinq ans de pratique photographique, d’obsessions, c’est peut-être ça qui reste: un mode d’enregistrement singulier de la brûlure de la lumière, décliné d’une image à l’autre, en une succession de propositions qui se ressemblent et pourtant chacune est aussi singulière que la fraction de temps auquel elle renvoie. » (Marc Trivier).
Jeune, il photographie ses proches avant de décider de photographier les artistes et écrivains de son époque. Agé de seulement vingt ans Trivier photographie Bacon, Auerbach, ou encore Burroughs pour ne citer qu’eux. Au même moment, il prend en photo les marges de la société, ce que les hommes ne veulent pas voir. Il photographie alors les aliénés et les abattoirs. Dès la fin des années 1980 son œuvre est unanimement reconnue et il reçoit le prestigieux Young Photographer Award de L’international Center of Photography en 1988 ainsi que le Prix Photographie Ouverte (Charleroi). Une rétrospective de 2011 à la Maison Européenne de la photographie à Paris a permis au public de contempler le travail que Marc Trivier réalise depuis plus de trente ans. Il avait déjà été exposé au Palais de Tokyo Paris en 1988 et au Musée de l’Elysée Lausanne 1988, ainsi qu’au C.R.P Douchy les Mines 2002 et au Casino Luxembourg 2002.
Prises de face, avec un regard du sujet dirigé vers l’objectif, les photographies que Marc Trivier réalise alors qu’il n’a que vingt ans des artistes et écrivains des années 1980 ne sont pas celles d’un portraitiste de star. Dans l’article de Marges publié en 2004 par la chercheuse Sylvie Rousselle-Tellier : « Une image de fatigue chez Marc Trivier», celle-ci nous renseigne sur la méthode de Trivier : « (…)au lieu d’être un portraitiste d’écrivains et d’artistes parmi tant d’autres, il se marginalise par son dispositif : sous prétexte de réglages, il fait attendre ses modèles, il les fait poser plusieurs minutes ce qui leur donne un air las. Il attend peut-être un comportement plus naturel. Et on se retrouve face à Francis Bacon en équilibre précaire, Samuel Beckett, Jean Dubuffet ou encore Michel Foucault plus ou moins tassés sur leur chaise. Des images intimes. ». Marc Trivier vient prendre ces artistes en photo dans leur quotidien et souhaite nous livrer leur humanité. Le lieu choisi pour la séance de portrait est souvent étroit, c’est la plupart du temps la chambre. Le sujet est assis, inactif. Trivier fait poser longtemps son modèle, aussi longtemps qu’il faut pour que la lassitude le gagne et qu’il arrête de maîtriser son image. « Une photographie d’une personne fatiguée ou endormie n’est-elle pas une photographie de l’intime ? N’est-elle pas une image « volée » ? Comme si le modèle ne maîtrisait plus son image. » (Sylvie Rousselle-Tellier). Les masques tombent soudain et l’image capturée par l’appareil est celle d’un corps fatigué qui pèse, un corps intime. Les poses qui en résultent ne sont pas conventionnelles et révèlent les faiblesses de ces personnalités si fortes. Même les plus grands esprits doivent porter leur corps et le but de Trivier est de montrer cette unité de l’œuvre et du corps: « Je lisais Genet ; pour moi Genet, c’était des lettres sur un livre. Et puis un jour j’ai vu son portrait, il y a eu comme une fracture. Comment était-il possible que ces signes soient aussi quelqu’un ? Faire un portrait, c’est ressouder le nom et le visage. » (Marc Trivier).

La génération des expressionnistes abstraits dont Willem de Kooning fait partie a connu une grande médiatisation. Le groupe est avant tout connu au travers de ses figures masculines, Pollock, Rothko, ou encore Franz Kline. Ces peintres jouent de leur masculinité pour mettre entre avant une peinture d’action où le corps entre dans la toile. De Kooning n’hésite d’ailleurs pas, à la manière de Picasso, à se faire prendre en photo torse nu dans son atelier ou en pleine lutte avec sa toile. Or, Marc Trivier ne nous le montre pas dans cette image publique. Il arrive à la contourner pour nous montrer un peintre affaissé dans sa chaise, peut être fatigué du travail accompli, qui sort de l’arène de la peinture dont parlait le critique d’art Rosenberg (« A un certain moment, les peintres américains […] commencèrent à considérer la toile comme une arène dans laquelle agir, plutôt que comme un espace dans lequel reproduire, recréer, analyser ou “exprimer” un objet réel ou imaginaire. Ce qui devait passer sur la toile n’était pas une image, mais un fait, une action. » 1952).

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Réf : 35389

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