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Maurice BLANCHOT Le baron d'Holbach. Manuscrit autographe et tapuscrit complets

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Maurice BLANCHOT

Le baron d'Holbach. Manuscrit autographe et tapuscrit complets

S.n. (Journal des débats), s.l. (Paris) s.d. (1943), 13,5x21,5cm & 4 pages in-4, 4 1/2 pages in-8.


Manuscrit autographe de l'auteur de 4 pages et demie in-4 publié dans le numéro du 27-28 Novembre 1943 du Journal des Débats.
Manuscrit complet à l'écriture très dense, comportant de nombreuses ratures, corrections et ajouts.
Chronique littéraire publiée à l'occasion de la parution de Paul Thiry d'Holbach et la philosophie scientifique au XVIIIe siècle de Pierre Naville.
On joint le tapuscrit complet.
Bien plus qu’une critique de l’ouvrage de Pierre Naville sur le Baron d’Holbach, ce long article de Blanchot est un véritable pamphlet philosophique contre la pensée matérialiste des Encyclopédistes accusés de vouloir « connaitre le monde pour s’en emparer. C’est là une expression notable de l’esprit bourgeois. (…) L’homme ne peut dominer le monde que si le monde est une collection d’objet. »
Mais à travers cette critique virulente de la pensée du XVIIIe siècle, Blanchot désigne un mal plus moderne : « Faire de l’homme une chose qu’on peut étudier (…) c’est assurer qu’on peut se servir de lui comme d’une chose et l’exploiter comme une chose. Toutes les contradictions sociales du libéralisme sont déjà dans cette affirmation. Et le point de départ en est l’Encyclopédie. »

Entre avril 1941 et août 1944, Maurice Blanchot publia dans la "Chronique de la vie intellectuelle" du Journal des Débats 173 articles sur les livres récemment parus.
Dans une demi-page de journal (soit environ sept pages in-8), le jeune auteur de "Thomas l'obscur" fait ses premiers pas dans le domaine de la critique littéraire et inaugure ainsi une oeuvre théorique qu'il développera plus tard dans ces nombreux essais, de "La Part du feu" à "L'Entretien infini" et "L'Écriture du désastre".
Dès les premiers articles, Blanchot fait preuve d'une acuité d'analyse dépassant largement l'actualité littéraire qui en motive l'écriture. Oscillant entre classiques et modernes, écrivains de premier ordre et romanciers mineurs, il pose, dans ses chroniques, les fondements d'une pensée critique qui marquera la seconde partie du XXe.
Transformé par l'écriture et par la guerre, Blanchot rompt, au fil d'une pensée exercée "au nom de l'autre", avec les violentes certitudes maurassiennes de sa jeunesse.
Non sans paradoxe, il transforme alors la critique littéraire en acte philosophique de résistance intellectuelle à la barbarie au c?ur même d'un journal "ouvertement maréchaliste": "Brûler un livre, en écrire, sont les deux actes entre lesquels la culture inscrit ses oscillations contraires" (Le Livre, In Journal des Débats, 20 janvier 1943).
En 2007, les Cahiers de la NRF réunissent sous la direction de Christophe Bident toutes les chroniques littéraires non encore publiées en volumes avec cette pertinente analyse du travail critique de Blanchot : "romans, poèmes, essais donnent lieu à une réflexion singulière, toujours plus sûre de sa propre rhétorique, livrée davantage à l'écho de l'impossible ou aux sirènes de la disparition. (...) Non sans contradictions ni pas de côté, et dans la certitude fiévreuse d'une ?uvre qui commence (...) ces articles révèlent la généalogie d'un critique qui a transformé l'occasion de la chronique en nécessité de la pensée." (C. Bident).
Les manuscrits autographes de Maurice Blanchot sont d'une grande rareté.

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