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Autographe, Edition Originale

Ernest de GENGENBACH Judas ou le vampire surréaliste

350 €

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Ernest de GENGENBACH

Judas ou le vampire surréaliste

Les éditions premières, Paris 1949, 12x19cm, broché.


Edition originale, un des exemplaires numérotés sur alfa, seuls grands papiers avec 62 pur fil.
Notre exemplaire est enrichi d'une lettre autographe signée de 4 pages d'Ernest de Gengenbach, probablement adressée à Eric Losfeld, datée du 10 Septembre 1976 dans laquelle il se plaint des avanies pécuniaires dues au grand retard pris par la publication de "La messe d'or", nonobstant les modalités inhérentes à la signature du contrat avec Philipacchi et notamment les avances sur les droits d'auteur qui lui permettraient d'éviter une expropriation et de payer ses factures de la vie quotidienne... Cette situation matérielle critique a poussé Ernest Gegenbach et sa femme à jouer de leur entregent : "... Ma femme qui (heureusement) a conservé ses anciennes relations avec le monde bourgeois, diplomatique et ecclésiastique en a assez de ces palinodies. Ce sont mes anciens camarades de séminaire, promus à de hautes fonctions qui offrent l'intervention financière pour éviter que nous soyons expropriés. Je ne puis à la fois accepter leur aide et laisser publier la "Messe d'or" qui est une oeuvre anticléricale sacrilège..."
Précieuse lettre manuscrite nous renseignant sur les difficultés pécuniaires d'un écrivain sulfureux partagé par le dilemme de son existence littéraire conditionnée par sa fragile sécurité matérielle.

A propos de cette lettre, voici l'aimable Notice rédigée par Christophe Stener, auteur de Ernest (de) GENGENBACH Sa vie (Tome I), Son œuvre (Tome II), 2022 : 
« Le succès des livres d'Henry MILLER et la libération des mœurs conduit des éditeurs comme Jean PAULHAN et Éric LOSFELD à sortir de leurs enfers des auteurs classiques comme SADE, à rechercher de nouveaux talents comme Pauline RÉAGE et à rééditer des écrivains contemporains. GENGENBACH profitera de cet engouement, lui si hostile à mai 1968, en bénéficie. Éric LOSFELD réédite conservant les pseudonymes La papesse du diable de Jean SYLVIUS (GENGENBACH) et Pierre de RUYNES (Pierre RENAUD) (1950 puis 1966) puis L'Expérience démoniaque (1968) et Judas le vampire surréaliste (1970) lequel annonce à paraître La Messe d'Or, Le Moine Troubadour et le Diable au concile. Ces trois ouvrages ne paraîtront jamais ni chez LOSFELD ni chez un autre éditeur. L'intérêt de LOSFELD pour GENGENBACH est pour ce dernier une divine surprise, car l'auteur, ruiné par l'édition à compte d'auteur d'Espis, nouveau Lourdes ? (1949), ouvrage édifiant affirmant la vérité du miracle des apparitions mariales au jeune Gilles BOURHOUS a ruiné sa mécène Elyane BLOC la fiancée et bientôt épouse de GENGENBACH. Le couple désargenté est allé s'exiler dans le village de La Tourette Cabardès dans la Montagne noire depuis 1950. GENGENBACH est à l'époque à nouveau ruiné ayant conduit des missions au Maroc sur un projet de conférence Islam-Occident puis étant allé à Alger dans l'intention de convaincre Ferhat ABBAS, Président du GPRA, de garder l'Algérie à la France. Les meubles ont été saisis, les menus sont composés de viandox et de châtaignes, ne survivant depuis 1964 que de quelques subsides reçus d'hommes d'Église. Les droits d'auteur tirés de la réédition de ses œuvres ne suffiront pas à éponger les dettes obligera les GENGENBACH à trouver refuge à Hauterive, dans une ferme, dans un village d'Eure-et-Loir, propriété d'un prêtre ami. C'est de là que G. écrit le 10 septembre 1976. Ernest est malade, il devra subir une amputation de la jambe droite « comme RIMBAUD » plastronne-t-il, son épouse meurt en août 1979, lui le 16 décembre 1979, un mois après Éric LOSFELD. Jusqu'au bout, GENGENBACH écrira à LOSFELD pour lui demander de l'aide dans la publication de deux ouvrages « érotico-mystiques » sur lesquels il mettait de grands espoirs, La Messe d'Or et Le Moine et la Sirène et dont les manuscrits partiels nous sont conservés à Saint-Dié-des-Vosges. Le sujet de la lettre est le non-respect par les Éditions Filipacchi d'un contrat d'édition de La Messe d'Or, livre dont GENGENBACH s'est dédit auprès de LOSFELD, un de ses multiples revirements où il dénonçait des contrats d'édition de ses livres satanistes quand il avait un espoir de gain plus important en se rabibochant avec l'Église, tout cela est relaté dans une graphomaniaque correspondance avec Mgr GUERRIN, Archevêque de Tournai entre 1964 et 1969. La médiathèque de Saint-Dié conserve la trace des échanges par lesquels GENGENBACH a envisagé de faire procès à Gérald de ROQUEMOREL avant d'y renoncer pour les raisons évoquées dans cette lettre à savoir qu'il vit de la générosité de gens d'Église et qu'une telle publication lui couperait les fonds. GENGENBACH dit que La Messe d'Or avait déjà été annoncé par LINDON, le directeur des Éditions de Minuit qui avait publié la première édition de L'Expérience Démoniaque (1949) ce qui me semble inexact, car c'est Le Pape d'Avignon qui y est annoncé, un texte jamais publié et selon nous différent. La référence faite par GENGENBACH à sa défense des « libertés érotiques littéraires » déjà en 1950 dans la postface de Judas ou le vampire surréaliste ne laisse pas de doute sur le destinataire, à savoir Éric LOSFELD, cette défense figure à la page 208 de l'édition de 1970 avant une à l'affaire Henry MILLER dans L'Expérience Démoniaque. 
Le Fond GENGENBACH conserve une correspondance entre les deux hommes, datée du 4 novembre 1966, qui suggère que GENGENBACH ayant confié à LOSFELD l'édition de sa Messe d'Or y renonça dans l'espoir de se ménager les faveurs de l'archevêché de Toulouse et faute de recevoir des avances sur recettes. Extrait du T I de mon livre : « EG termine une correspondance du 4 novembre 1966 à Éric LOSFELD auquel il a adressé une version remaniée de sa Messe d'Or, dans l'espoir d'avances sur recettes et d'une relance de sa carrière à l'occasion de la mort du Pape du Surréalisme, car « Si c'est oui toute une orientation de mon destin est possible. Si c'est non, alors qu'on ne me parle plus de Surréalisme. J'enterre un personnage diabolique à tout jamais. Vous me comprenez LOSFELD. Voilà huit jours que je prétexte une fausse bronchite pour ne pas me rendre à l'Archevêché de Toulouse en attendant votre réponse. Nous avons vécu de viandox et de châtaignes. Ce n'est plus possible ». GENGENBACH évoque ce projet de parution par LOSFELD dans une correspondance avec Maurice NADEAU datée du 23 janvier 1967. Les rapports entre les deux hommes restèrent, jusqu'à la fin, cordiaux. LOSFELD qui mourut le 18 novembre 1979, soit presque un mois jour pour jour avant GENGENBACH, évoque, avec humour, ironie et amitié, dans son autobiographie, publiée à titre posthume, Endetté comme une mule ou la passion d'éditer (1979) GENGENBACH dont il vient de recevoir une lettre l'informant de son amputation et lui demandant une aide financière. »

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