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Antoine de SAINT-EXUPERY Le petit prince

80 000 €

Réf : 53337

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Antoine de SAINT-EXUPERY

Le petit prince

Reynal & Hitchcock, New-York 1943, 18,5x23cm, reliure de l'éditeur sous chemise étui.


Troisième tirage imprimé quelques semaines après le premier et conforme à l’édition originale (« marque au corbeau », prix, adresse de l’éditeur), mais sous un cartonnage bleu gris et comportant une mention « third printing » sur la page de garde.
Un des deux seuls exemplaires référencés à ce jour du Petit Prince en français dédicacé par Saint-Exupéry.
Reliure de l’éditeur en pleine toile bleu-gris, dos lisse, exemplaire complet de sa jaquette illustrée qui comporte deux petites restaurations en pied du dos.
Très rare et précieux envoi autographe signé d’Antoine de Saint-Exupéry : « Pour Malou et Jean-Michel Sturm avec toute l’amitié de Antoine de Saint-Exupéry ».
Ouvrage illustré de dessins de l’auteur.
Notre exemplaire est présenté sous une chemise étui de Julie Nadot reprenant les illustrations de la jaquette pour illustrer les plats.
« Les contes de fées c’est comme ça. Un matin on se réveille. On dit : “ce n’était qu’un conte de fées…” On sourit de soi. Mais au fond on ne sourit guère. On sait bien que les contes de fées c’est la seule vérité de la vie. » (Saint-Exupéry, Lettre à l’inconnue, mai 1943)
Il est communément admis que Saint-Exupéry, reparti au combat avant la parution de la version française du Petit Prince, ne put dédicacer, avant son départ de New-York, que quelques rares exemplaires de la version anglaise. Durant les seize mois qu’il passa en Afrique du Nord, où ses livres étaient interdits, il ne posséda qu’un unique exemplaire  qu’il « ne prêt[ait] jamais […] et fais[ait] lire chez [lui], dans [s]a chambre », même à ses plus proches amis. Et pourtant, deux enfants d’Alger, inconnus jusqu’à lors des biographes de Saint-Exupéry, ont eu l’heur de posséder cet improbable exemplaire dédicacé de ce que Martin Heidegger considèrera comme « l’un des grands livres existentialistes du siècle ».
Conte universel s’il en est – Le Petit Prince est l’œuvre la plus traduite après la Bible –, cet hymne au voyage, à l’amitié et à l’enfance fut dès l’origine considéré comme un roman à clefs, offrant, sous couvert d’un récit pour enfants, un regard profond sur l’actualité tragique et révélant chez l’auteur une philosophie plus complexe que ne lui prêtaient alors ses détracteurs.
Si l’on ne sait avec exactitude quelle est la genèse de ce personnage – la lecture d’Andersen par l’actrice Annabella, la boîte d’aquarelle offerte par le réalisateur René Clair, une idée de son éditrice Elisabeth Reynal ou simplement la mémoire de son frère disparu – l’écriture du conte lui-même fut très fortement influencée par la guerre, l’exil et les relations difficiles de Saint-Exupéry avec les autorités de la Résistance.
Démobilisé en 1940, l’écrivain plébiscité en 1939 pour Terre des hommes, se réfugie à New-York où il écrit et publie en février 1942 Pilote de guerre, relatant, à l’attention de l’opinion publique américaine, le courage des soldats français malgré l’inéluctable défaite. Trop philosémite pour les uns et trop défaitiste pour les autres, ce récit, rapidement interdit en France, lui vaudra l’inimitié des pétainistes mais également des gaullistes qui le contraignent à l’inaction tandis que l’Afrique du Nord reconquise par les Alliés ouvre des perspectives de reprise du combat armé.
Malgré une vie sentimentale et sociale intense, c’est dans un sentiment de profonde solitude et d’incompréhension que Saint-Exupéry compose, durant l’année 1942, Le Petit Prince pour ses éditeurs new-yorkais qui viennent de publier Mary Poppins, Eugene Reynal & Curtice Hitchcock.
à la fin 1942, Saint-Exupéry accentuera encore cette animosité en diffusant à la radio puis en publiant sa Lettre aux Français appelant à l’unité entre les Français de France et les expatriés contre le nazisme. Son incitation à la réconciliation pour une lutte unie et sans concession contre l’ennemi commun, son refus de juger le choix des hommes oppressés et sa critique implicite des luttes de pouvoir entre les combattants, dresse irrémédiablement contre lui les partisans de de Gaulle qui sont alors en rivalité avec ceux du Général Giraud.
Jugé d’une tolérance excessive, ce message radiophonique suscite de très fortes accusations dont celle d’un écrivain cher à Saint-Exupéry, le philosophe et théologien Jacques Maritain. Ces violents anathèmes à l’égard de l’écrivain masquent à ses contemporains la profonde intimité qu’entretiennent pourtant cet appel adressé aux adultes et le conte destiné aux enfants qui paraîtra quelques mois plus tard.
L’exil forcé loin de sa terre « perdue quelque part dans la nuit, tous feux éteints, comme un navire », cette France qu’il faut « sauver […] dans son esprit et dans sa chair », l’absurdité des hommes qui se déchirent, jusque dans le combat commun, et cette double question : « Que vaut l’héritage spirituel s’il n’est plus d’héritiers ? À quoi sert l’héritier si l’Esprit est mort ? » de sa Lettre aux Français sont autant de thèmes développés dans ce qui sera le dernier et le plus important de tous ses livres, Le Petit Prince, « ce petit livre [écrit] seulement pour des amis qui peuvent le comprendre ». Ceux-là ne manqueront pas de lire le conte à la lumière du manifeste et sauront reconnaître dans la sagesse du Renard avertissant le Petit Prince : « le langage est source de malentendu » l’écho presque parfait du combattant s’adressant à ses compatriotes : « le langage est un instrument imparfait ».
Inspiré d’un personnage enfantin que Saint-Exupéry crayonne en marge de ses lettres et carnets et qui était à l’origine un autoportrait, le Petit Prince est tout autant une fable poétique qu’un testament philosophique. En ce sens la mort de l’enfant, héros du conte, qu’au grand dam de ses éditeurs Saint-Exupéry refuse de supprimer, ne saurait être étrangère à l’opiniâtreté de celui-ci à se précipiter vers sa fin héroïque et absurde.
En effet, depuis son arrivée aux états-Unis, Saint-Exupéry n’a qu’une préoccupation, obtenir une affectation dans son ancienne unité, le groupe 2-33 qu’il a immortalisé dans Pilote de guerre. En février 1943, malgré son âge, malgré les inimitiés des gaullistes, malgré sa santé défaillante, Saint-Exupéry est enfin mobilisé dans les Forces aériennes françaises libres formées après la libération de l’Afrique du Nord par les Américains. Début avril, le 12 ou le 13, il embarque pour Alger et ne reverra plus jamais l’Amérique.
C’est alors que le destin de l’ouvrage et celui de son auteur vont définitivement s’éloigner.
Le Petit Prince, qui devait paraître simultanément en français et dans une traduction anglaise réalisée par les éditeurs, est finalement d’abord publié en anglais le 6 avril 1943.
Saint-Exupéry a-t-il assisté à cette publication ? Les témoignages sont discordants. On sait cependant qu’il a signé les 785 exemplaires sur grand papier (peut-être uniquement les feuillets de justification avant le brochage) et, surtout, qu’il a dédicacé quelques précieux exemplaires du Little Prince dont trois seulement sont connus :
– le premier, adressé à l’actrice française Annabella, est réalisé dans un phylactère sur la couverture d’un jeu d’épreuves incomplet : « J’ai écrit ce petit livre seulement pour des amis qui peuvent le comprendre comme Annabella et, si ça ne l’amuse pas, je serai encore plus triste que sur cette photographie... Et je l’embrasse avec toute ma profonde et vieille amitié, St Ex » – la « photographie » en question est le dessin de la couverture représentant le Petit Prince (Collection Jean Bonna),
– le second fut envoyé à Dorothy Barclay, la secrétaire d’Hélène Lazareff, pour la remercier de ses recherches sur le nombre d’étoiles de la voute céleste : « Il faut être absolument fou pour avoir choisi cette planète-là ! Elle n’est sympathique que la nuit, quand les habitants dorment… / Le Petit Prince avait tort. Il y a sur la terre des habitants dont la droiture, la gentillesse, la générosité de cœur consolent de l’avarice et de l’égoïsme des autres. Par exemple Dorothy Barclay… Avec mon plus amical souvenir Antoine de Saint-Exupéry ». (Exemplaire en main privée),
– nous n’avons pas retrouvé la trace du troisième exemplaire référencé, celui de Nelly de Vogüé.
Les quelques tapuscrits plus ou moins achevés furent légués par Saint-Exupéry les jours précédant son départ à son amie Nadia Boulanger, son traducteur Lewis Galantière, et deux autres personnes que nous n’avons pas identifiées.
Le manuscrit original offert à sa maîtresse Sylvia Hamilton est aujourd’hui conservé à la Morgan Library tandis que les dessins définitifs qui ont servi à l’impression furent emportés par Consuelo de Saint-Exupéry et sont aujourd’hui en main privée.
Tous ces dons et dédicaces ont été effectués à New-York avant le départ de Saint-Exupéry et hormis le manuscrit et les tapuscrits, ils ont tous été effectués sur la traduction anglaise.
Or pour Saint-Exupéry, qui ne s’est absolument pas intéressé à la traduction de son livre et dont le niveau d’anglais était si pauvre qu’il ne comprenait pas les messages radio transmis par les tours de contrôle – sa seule phrase, apprise par cœur à l’intention de l’état-major Américain, était : « I want to die for France » – seule importait l’édition en français.
S’il ne dédicace que des exemplaires du Little Prince c’est donc que, quelle que soit la date exacte à laquelle il embarque sur le Stirling Castle, ce départ a lieu avant l’impression et la publication de la version originale française qui n’a été mise dans le commerce que quinze jours après la traduction anglaise.
Aussi n’est-ce que lorsqu’il écrit à son éditeur de Oudjda, le 8 juin 1943, que Saint-Exupéry peut s’enquérir du destin de son ouvrage : « Je ne sais rien du Petit Prince (je ne sais même pas s’il a paru !) […] Je ne sais rien sur rien ; écrivez-moi ! »
éditée à beaucoup plus petit nombre d’exemplaires que la version anglaise, l’édition originale française, lui répond son éditeur, s’est déjà écoulée à près de 7 000 exemplaires au milieu de l’été 1943 (et 30 000 pour la version traduite) et les ventes progressent au rythme de près de 1 000 exemplaires par semaine.
Pourtant, malgré ce succès (au moins trois tirages successifs sont imprimés avant la fin de l’année 1943), Le Petit Prince ne traversera pas l’Atlantique avant la mort de son auteur.
Ainsi Saint-Exupéry n’a-t-il pu emporter qu’un exemplaire du véritable Petit Prince spécialement imprimé pour lui à la hâte avant son départ, comme s’en souvient Henry Elkin qui fit le voyage avec lui.
Il ne recevra pas d’autres exemplaires en Algérie où, à cause de son différend avec de Gaulle, ses livres sont tout simplement interdits comme ils le sont en France par le gouvernement de Vichy. Il s’en plaindra dans sa correspondance, notamment auprès de Nelly de Vogüé : « Ces arrivages de tous les livres d’Amérique. Les miens exceptés. Interdits en Afrique du Nord » (décembre 1943) ; « Il est arrivé ici une grosse cargaison de livres des états-Unis. Les miens seuls ne sont pas en vente. Je suis un pestiféré... » (janvier 1944).
On sait, grâce à de précieuses dédicaces réalisées après son départ des états-Unis que Saint-Exupéry avait emporté quelques rares exemplaires de ses autres ouvrages en Algérie. Ainsi offre-t-il son propre exemplaire de Pilote de guerre à Henri Laugier (peut-être la seule trace d’une amitié, fugitive, avec un gaulliste), et un autre exemplaire aux Chabbert qui accueillent leur ami en 1943 dans leur maison de Casablanca. Par contre, il n’y a nulle trace, même dans ces bibliothèques, de Petit Prince dédicacé.
Un épisode de la vie de Saint-Exupéry à Alger semble confirmer que l’auteur ne réussit à se procurer aucun autre exemplaire de son précieux conte. Hébergé durant tout son séjour algérien chez son ami le docteur Georges Pélissier, dans une chambre inconfortable qu’il ne veut cependant pas quitter pour ne pas offenser son hôte pour qui il éprouve une profonde affection, Saint-Exupéry évoque, lors d’une altercation avec celui-ci, l’unicité précieuse de son exemplaire : s’adressant à son hôte par lettre, il l’accuse en effet d’avoir emprunté son exemplaire au moment même où il souhaitait le présenter à un producteur de film anglais : « Je ne l’ai prêté à personne, sachant que j’en avais besoin aujourd’hui et pourquoi. » En l’absence de ce précieux exemplaire, le producteur est donc reparti et Saint-Exupéry le reproche amèrement à Pélissier : « Si je perds 50 000 dollars en 5 minutes, ça vaut peut-être 30 secondes de conversation. Où est mon livre ? »
Pélissier lui avouant qu’il lui a emprunté le Petit Prince pour le relire, Saint-Exupéry s’apaise puis se confond en excuses : « Mon vieux, ne croyez pas que je vous en veuille. Si vous aviez prêté mon bouquin à quelqu’un (moi qui ne prête jamais mon exemplaire unique et le fais lire chez moi, dans ma chambre), je vous en voudrais. Mais que vous l’ayez pris pour vous, ça me touche beaucoup. » Puis dans une autre lettre rédigée « dix minutes plus tard » : « Je n’achèterais pas un ami avec cent milliards. Si ça vous plait de lire mon livre et que M. Korda attende et renonce, je m’en fous. […] L’argent de Korda vaut ce qu’il vaut c’est-à-dire […] : Rien. Mais je ne conçois pas que je rate les avantages de Korda pour qu’une péronnelle ou un péronneau inconnus, dont je me contrefous et auxquels je n’ai pas prêté mon livre, me lisent. D’où un désespoir mécanique que je n’eusse jamais éprouvé si j’avais pensé que ça “vous amusait” de relire mon petit bouquin. »
Que ce précieux ami ne possède pas son propre exemplaire du plus important ouvrage de son hôte, que ce dernier manifeste de façon si virulente l’importance de ne pas prêter son livre, sont autant de preuves de l’insigne rareté de cet ouvrage à Alger.
On ne connait aujourd’hui qu’un autre exemplaire dédicacé par Saint-Exupéry. Il est adressé aux enfants de son ami et camarade le colonel Lionel-Max Chassin, qui obtiendra à Saint-Exupéry son ultime affectation dans la 31ème escadre de bombardement en Sardaigne, alors sous son commandement.
Comment se fait-il que la seule autre dédicace sur un Petit Prince soit adressée à une famille totalement absente de la biographie de l’auteur ?
Confiné au sol peu de temps après son arrivée à Alger pour avoir détruit un P-38 à l’atterrissage par une inattention qui lui devenait coutumière, Saint-Exupéry vit alors des mois de profond désespoir. Il subit de surcroit maintes humiliations de la part des gaullistes qui interceptent son courrier, lui refusent des publications, empêchent sa réaffectation et l’accusent de sympathie pétainiste tout en faisant courir dans tous les cafés d’Alger le bruit que de Gaulle, qui l’avait déjà omis de son hommage aux écrivains exilés, a personnellement rejeté sa demande de réintégration dans l’armée active par un : « Laissez-le à Alger, il est juste bon à faire des tours de cartes. »
C’est peut-être dans ce cadre que le commandant Saint-Exupéry est choisi « au hasard » pour garder les enfants de Marcel Sturm, qui avait perdu sa femme et deux de ses quatre enfants à la suite d’une épidémie de fièvre typhoïde en 1941.
Chef de l’aumônerie protestante aux armées, Marcel Sturm effectuait des déplacements sur les champs d’opération des territoires algérien et tunisien. également chef d’un réseau de Résistance spécialisé en faux papiers, ce père veuf avait de fréquentes « missions » qui l’éloignaient de ses enfants Malou et Jean-Michel. Sturm et sa famille quitteront l’Algérie dès  1944 pour retourner en France et participer à la Libération. Le pasteur sera alors nommé aumônier général des troupes d’occupation françaises en Allemagne et chargé d’établir des relations entre Église de France et Église d’Allemagne, ce qui lui vaudra le titre de Docteur honoris causa de l’université de Göttingen.
La biographie de Saint-Exupéry ne fait aucune mention de cette affectation de l’aviateur à la « garde d’enfants ». Seuls les souvenirs de la famille de Marcel Sturm et la dédicace de cet exemplaire témoignent de cet émouvant épisode de la vie de l’écrivain.
Quelle que soit l’affection évidente dont témoigne le précieux et unique envoi dont il est orné, ce troisième tirage du Petit Prince ne peut pas être l’exemplaire personnel de Saint-Exupéry. Il appartenait peut-être aux enfants de Sturm, sans que l’on puisse déterminer comment ceux-ci se l’étaient eux-mêmes procuré. Un ex-libris manuscrit sur la première page de texte au nom de Madeleine Picinbono, prête aux suppositions. En effet, une jeune fille de ce nom et du même âge que Malou vivait également à Alger en 1943. Etait-elle en possession de ce conte et l’a-t-elle offert à sa camarade d’école en apprenant qu’elle connaissait Saint-Exupéry ? Ou au contraire, les Sturm ont-ils offert à cette amie cet introuvable conte d’espoir en quittant l’Algérie pour rejoindre le front ?
De larges zones d’ombre recouvrent les derniers moments de la vie de Saint-Exupéry, et si l’on a longtemps cru qu’il n’avait pu signer aucun exemplaire du Petit Prince hormis les feuillets du tirage de luxe et quelques rarissimes Little Prince avant son départ, l’existence de cet improbable exemplaire souligne les lacunes documentaires sur ces derniers huit mois de l’aviateur.
Ainsi, nul ne sait ce qu’est devenu son exemplaire personnel dont il ne se séparait jamais, après sa disparition le 31 juillet 1944 aux commandes de son Lightning.
Ce troisième tirage de l’édition originale en français du Petit Prince demeure aujourd’hui le seul exemplaire connu dédicacé.
Mais plus qu’une dédicace unique sur un ouvrage majeur de la littérature mondiale, cette marque d’affection adressée à des enfants, orphelins de mère et de sœurs, comme le fut de père et de frère « l’enfant qu’a été autrefois » Saint-Exupéry, constitue une mise en abîme poétique de l’intime relation qui unit l’écrivain et son Prince. Et c’est ainsi non loin des dunes du Petit Prince que l’aviateur, à nouveau échoué à terre, « apprivoise » d’un trait de plume cette petite fille et ce « petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons » et petites filles.
Le départ de son « petit bonhomme » avait laissé l’écrivain « tellement triste ». L’interdiction de voler avait mené au désespoir l’aviateur patriote. En cette dernière année de sa vie, c’est avec les enfants d’un autre combattant de la liberté animé par la même foi en l’homme et le désir de réparer les liens brisés entre les peuples que  Saint-Exupéry tisse, à nouveau, un lien « unique au monde » avant qu’une morsure de Focke-Wulf de la Luftwaffe ne l’emporte à son tour.
à l’instar de son Prince, on suppose « qu’il est revenu sur sa planète, car, au lever du jour, [on n’a] pas retrouvé son corps. »
 

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