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Nicolas de LYRE Moralia super totam Bibliam

Nicolas de LYRE

Moralia super totam Bibliam

Paul Butzbach, Mantoue 29 avril 1481, in-folio (19x27cm), [280] ff. [sig. a10, b6,c4,d-z8, A-J8, K6, L12], relié.


Première édition italienne des célèbres commentaires moraux du franciscain Nicolas de Lyre (1270-1349), troisième édition de cet ouvrage. La première a paru à Cologne en 1478. Le texte, en latin, utilisé pour cette édition est celui revu par Ludovico della Torre ( ?-1365) qui ajouta la table alphabétique en fin de volume, il la fit précéder de son Epistola pro operis emendatione et pro ipsius Tabula miro artificio ordinata, datée de décembre 1480 et adressée à Francesco Raimondo du couvent San Apollonio près de Brescia.
L’œuvre de Nicolas de Lyre est fondée sur l’exégèse morale de la Bible. Ses travaux ont été particulièrement remarqués en Allemagne où ils auront le plus de répercussions, influençant les thèses de Martin Luther. Bien que dans son prologue au Moralia super totam Bibliam le franciscain affirme s’appuyer sur tous les niveaux de lecture employés alors (allégorique, littéraire, moral et mystique), ce sont ses interprétations littérales et allégoriques qui feront sa postérité. Versé dans l’hébreu, il s’appuie sur les textes judaïques aux sources de l’Ancien Testament, renouvelant ainsi les thèmes et les pratiques de l’exégèse chrétienne qui serviront de modèle à Martin Luther et à la Réforme. Cette inspiration valut au théologien protestant un épigramme de Julius Pflug en 1508 : Si Lyra non cantasset, Lutherus non saltasset (« Si la Lyre n’avait pas joué, Luther n’aurait pas dansé»).
Une mention manuscrite d’un ancien propriétaire, Don Octavius Feragnus Casalmaiorensis, datée du 4 février 1598 à Crémone, et précisant le prix du livre (« 2 lira 5 solidi ») ainsi que celui de la reliure (« 1 lira 10 solidi »).
Très belle impression de Paul Butzbach, imprimeur à Mantoue, en gothique bâtarde sur 54 lignes réparties en deux colonnes. La grande lettrine enluminée, en tête du prologue, se déploie sur toute la hauteur de la page et sur une colonne de largeur en des motifs floraux délicats. Caractéristique de la tradition de l’Italie du Nord, cette lettrine est d’une grande finesse : l’artiste lui a donné de l’épaisseur en la rehaussant de petites touches claires ou plus foncées, appliquées à l’aide de pinceaux à deux ou trois poils. Le fond doré de la lettrine, l’utilisation de la couleur pourpre et la palette de couleurs franches sont des spécificités directement issues de la tradition de l’enluminure byzantine qui perdura en Italie davantage que dans le reste de l’Europe. Les autres lettrines sont alternativement rubriquées en bleu ou rouge.
Reliure en vélin rigide à petits rabats, réemployant une page d’épître dédicatoire calligraphiée en rouge, ornée d’un triple encadrement bleu et rouge, contreplats doublés du vélin d’un graduel du 15e siècle mettant en musique un texte provenant de l’évangile de Matthieu, portées en rouge, paroles et neumes en noir, deux lettrines ornées de motifs végétaux en bleu, rouge, or et rehaussées de blanc, trois plus petites lettrines en rouge et bleu. Sur la tranche inférieure, il a été peint « Nicol. de Lyr. S. tot. Biblim ».
Deux galeries de vers ne portant pas atteinte au texte, l’une d’elle a été restaurée aux premiers feuillets.
Dernier ouvrage imprimé par l’Allemand Paul Butzbach (ca 1447-1495) qui a débuté sa carrière dans sa région natale de Mayence avant d’émigrer en Italie à Vérone où il se spécialisa en ouvrages de grammaire. Pour des raisons inconnues, il déménagea à Mantoue où il ouvrit une presse sur laquelle il imprima 18 ouvrages de domaines très différents (théologie, philosophie, exégèse et droit). Il diversifia alors ses activités en s’engageant dans le commerce de livres : des actes notariés de l’époque le décrivent en tant qu’imprimeur mais également merchator librorum, il s’associa même à un confrère vénitien pour développer son réseau de distribution. Fort de son succès, il s’introduisit à la cour de Frédéric II de Mantoue dont il sut s’approprier les traditions esthétiques.
Bel incunable délicatement enluminé, témoignage d’une période charnière entre Moyen âge et Renaissance, entre stylisation de la forme et représentation plus proche de la réalité.

VENDU

Réf : 61896

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