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Paul ELUARD & Max ERNST & GALA Ensemble de reliques ayant appartenu à Paul Eluard, Max Ernst et Gala

Paul ELUARD & Max ERNST & GALA

Ensemble de reliques ayant appartenu à Paul Eluard, Max Ernst et Gala

s.d. (ca 1914), trois reliques.



Important et émouvant ensemble de trois reliques ayant appartenu aux plus grandes figures artistiques d'avant-garde du XXème siècle, Paul Eluard, Max Ernst et Gala. Ces reliques furent retrouvées par Cécile Eluard dans l'appartement de sa mère Gala au décès de celle-ci.



  • Croix de fer de Max Ernst

  • Gri-gri de Paul Eluard en 1914 : une petite pochette bleue cousue à la main contenant deux minuscules portraits photographiques : l'un de lui casqué et l'autre de sa mère

  • Médaille orthodoxe de Gala présentant sur une face Sainte-Barbe et sur l'autre Saints Antoine et Théodose, montée sur une chaîne


Cologne, novembre 1921, près de trois ans jour pour jour après l'armistice. Eluard et Gala, après avoir manqué le grand lancement de Max Ernst en France, viennent spécialement en Allemagne pour rencontrer l'artiste dans son atelier. « Une seule semaine a suffi pour que Paul Eluard considère Max Ernst comme son frère. » (D. Bona, Gala la muse redoutable) On voit, sur deux clichés immortalisant cette visite fondatrice, Gala arborant en médaillon la croix de fer de Max Ernst. Il faut dire que le peintre allemand et le poète français ont tous les deux connu l'enfer du front :


« En février 1917, le peintre surréaliste Max Ernst et moi, nous étions sur le front, à un kilomètre à peine l'un de l'autre. L'artilleur allemand Max Ernst bombardait les tranchées où, fantassin français, je montais la garde. Trois ans après, nous étions les meilleurs amis du monde et nous luttons ensemble, depuis, avec acharnement, pour la même cause, celle de l'émancipation totale de l'homme. » (Paul Eluard, Donner à voir)



C'est probablement ce traumatisme commun de la guerre qui rapproche les deux artistes, créant entre eux une véritable fraternité et une osmose artistique dépassant les abominations et l'absurdité de la guerre.
Notre ensemble contient également une touchante relique de guerre, un minuscule scapulaire apotropaïque renfermant deux portraits miniatures : l'un de Paul Eluard, casqué, l'autre représentant sa mère, Jeanne-Marie Grindel, de profil. Les « gri-gri » de ce genre, très répandus sur le front, revêtaient une valeur protectrice pour les soldats qui les portaient au plus près de leurs cœurs. Photographies de proches, pièces d'or ou encore médailles religieuses constituaient alors un précieux lien entre le front et l'arrière. Une médaille religieuse, notre ensemble en contient justement une, celle de Gala, débarquée en Suisse en 1913, et enregistrée sous son patronyme Helena Diakonova au sanatorium de Clavadel, où elle rencontra le jeune Eugène Grindel qu'elle épousa en 1917. La jeune femme ne se séparait jamais de ce talisman, un médaillon orthodoxe présentant sur une face Sainte-Barbe et sur l'autre les Saints Antoine et Théodose.


« Max est […] le meilleur des copains. Plus naturel, plus drôle, plus séduisant que la plupart des amis de Paris, beau et délicieux à vivre, il est pour Paul comme pour Gala, en cette première semaine où ils font connaissance, le charme même. Et en plus, Paul ne cesse de le répéter à Gala, il est génial. Un très, très grand artiste, comment ne pas l'aimer ? » (D. Bona, op. cit.)



Eluard rentré à Paris, cet engouement ne s'essouffle pas. Par voie postale, il travaille à deux recueils avec Ernst : Répétitions et Les Malheurs des immortels. Pour célébrer ces succès à quatre mains, Eluard et Ernst passent l'été ensemble avec leurs épouses et des amis – notamment Tristan Tzara, Hans Arp et Sophie Taeuber – à Tarrenz au Tyrol. Bien vite, Ernst délaisse l'appartement loué avec sa femme pour rejoindre Paul et Gala dans leur maison au bord du lac :


« Les Tzara, les Arp et Matthew Josephson sont les témoins d'une idylle qui ne se cache pas : aux yeux de tous, il est clair que Max et Gala filent le parfait amour. Ils se tiennent par la main, par l'épaule, s'embrassent et préfèrent aux promenades de groupe leur solitude à deux par de secrets chemins de montagne. […] Si Gala de son côté ne laisse rien ignorer non plus à Paul, si le poète ne peut pas ne pas voir l'élan qui porte l'un vers l'autre sa femme et son ami, il n'entreprend rien pour s'opposer à leur liaison. Il est discret et si complaisant qu'il donne l'impression de l'approuver. Tous les témoins de Tarrenz le remarquent : Paul Eluard n'a jamais cherché à retenir Gala sur le seuil d'une aventure qu'il est le premier à observer, même s'il doit en souffrir. « Vous ne savez pas ce que c'est que d'être marié à une femme russe ! » leur dit-il, confiant […] cet aveu d'une déchirure beaucoup plus profonde et complexe que celle d'un mari trompé et malheureux : « J'aime Max Ernst beaucoup plus que Gala. » […] Une chose est sûre aux yeux des témoins de Tarrenz : Gala n'est pas un enjeu entre les deux hommes. Ernst et Eluard, qui s'entendent à merveille, ne sont pas rivaux. Elle est le gage même de leur amitié, elle est leur mutuel échange, elle est leur femme en commun. Ils s'aiment à travers elle. » (D. Bona, Ibid)



A la fin de l'été Eluard donne à Ernst, interdit de séjour en France, son passeport. Début septembre, le peintre traverse clandestinement la frontière pour rejoindre les Eluard dans leur maison de Saint-Brice-sous-Forêt.


« Tout n'est plus rose en effet dans le ménage à trois. L'inquiétude a gagné Paul Eluard, qui ne savoure plus autant que les premiers jours les ambiguïtés du partage. Il aime toujours beaucoup Max Ernst, il aime toujours Gala, mais il a du mal à trouver sa place entre eux. Max et Gala sont-ils trop amoureux ? Il se sent souvent exclu sous son propre toit, exclu par l'amour qui unit de plus en plus sa femme à son meilleur ami. De plus en plus souvent, il reste à Paris avec les noctambules de la bande, Aragon l'emmène dans les boîtes à champagne, à la recherche des jolies filles et de l'oubli de tout. Il fume, il boit, mais la fête est triste. Les dadas le savent : Eluard est malheureux. » (D. Bona, Ibid)



Les Eluard quittent Saint-Brice pour Eaubonne au début de l'année 1924, Ernst suit. Dans cette « maison de poupée » comme se plaît à l'appeler Paul, Max jouira d'un atelier personnel et recouvrira les murs d'immenses et magnifiques fresques. Le 24 mars 1924, sans prévenir, Eluard déserte le foyer familial. Simone Breton, l'épouse d'André, raconte dans une lettre à sa cousine : « Eluard est disparu depuis lundi en emportant 17 000 francs et menaçant dans un pneu son père de tuer le premier qu'il enverrait pour le faire rechercher. Le désir de partir l'envahissait chaque jour davantage […] Il est parti. André dit qu'on ne le reverra jamais. Gala reste avec 400 francs, la petite, et dans une situation impossible à cause de Max Ernst. » Personne ne sait où a fugué Eluard, mais il écrit bientôt à Gala depuis Tahiti : « Je m'ennuie. […] Mais tu seras consolée par la façon dont je vais t'aimer. […] Tu es la seule précieuse. Je n'aime que toi, je n'ai jamais aimé que toi. Je ne peux aimer rien d'autre. » (12 mai 1924) Cette fuite toute rimbaldienne fait retrouver à Gala son sang-froid. Elle organise la vente d'œuvres d'art d'Eluard afin de réunir la somme nécessaire pour le rejoindre : des tableaux de Juan Gris, de Derain, de Braque et de Picabia…mais aussi trois huiles d'Ernst, qui veut lui aussi aller rejoindre le fugitif. Le trio est de nouveau réuni à Saigon quelques semaines plus tard. Loin d'être un voyage exotique, cette escapade indochinoise mettra un point final au ménage à trois : Paul et Gala rentreront à Paris, Max prolongera le voyage seul et quittera Eaubonne à son retour.
En 1925 paraîtra sans nom d'auteur ni d'illustrateur le recueil Au défaut du silence, ultime témoignage de cette complexe histoire d'amour. Cette publication mystérieuse, renfermant des poèmes d'Eluard et d'étonnants dessins d'Ernst, est un vibrant hommage à leur muse commune : « Gala apparaît puissante et terrifiante, avec son mystère indéchiffrable, opaque même à ses amants. […] Aux vers à la fois amoureux et plaintifs, trop lucides d'Eluard correspondent les dessins affolés de Max Ernst, une ronde de visages pointus, méchants, antipathiques, qui disent au long de ces quelques pages, sans douceur, sans caresse, sa vision de Gala. C'est son au revoir. Peut-être son adieu. En même temps qu'une dernière poignée de main à Eluard, c'est sa lettre de rupture à la fascinante et sombre Gala, à son univers de drames dostoïevskiens, à ses rêves de bonheur impossible. » (D. Bona, op. cit.)
Provenance : Collection Paul Eluard - Collection Gala Eluard Dali - Collection Cécile Eluard - Collection Roger Dérieux 





 

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Réf : 82838

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