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Autographe, Edition Originale

André BRETON & Paul ELUARD Notes sur la poésie

6 800 €

Réf : 53047

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André BRETON & Paul ELUARD

Salvador DALI

Notes sur la poésie

Glm, Paris 1936, 12,5x17cm, broché.


Édition originale, un des 100 exemplaires numérotés sur vélin, le nôtre non justifié, seuls grands papiers après 15 Japon.
Ouvrage illustré, en frontispice, d'un dessin de Salvador Dali.
Précieux envoi autographe signé de Paul Eluard à René Char: «Exemplaire de mon ami René Char. Paul Eluard.»
C'est en 1929 que René Char découvre les vers de Paul Eluard ; subjugué, le jeune poète islois de vingt-deux ans décide de lui envoyer un exemplaire de son recueil Arsenal sur lequel il rédige cette dédicace : « à Paul éluard enfin. L'Isle, 17 septembre 1929. » Son aîné lui répond avec bienveillance quelques semaines plus tard : « Cher Monsieur, n'est-il pas possible que nous nous connaissions mieux ? Ne pensez-vous pas venir à Paris ? Je serais heureux de vous dire combien j'aime vos poèmes – tout ce si beau livre. » Le jeune Char est exalté et part pour la première fois rencontrer son « frère de substitution » (Laurent Greilsamer, René Char, Perrin, 2012), puis prend rapidement la décision de venir s'installer à Paris auprès de ses nouveaux compagnons Aragon, Breton et éluard et se range sous la bannière surréaliste. éluard, abandonné par Gala qui le quitte pour Dali, propose à Char de venir vivre dans l'appartement de la rue Becquerel. Les deux célibataires engagent bientôt Odette, une jeune bonne pour le moins avenante : « Char apprécie ce service stylé et s'étonne cependant de la gentillesse appuyée de cette jolie brune. Un jour, il la prend dans ses bras. La jeune beauté lui sourit, se laisse faire et se révèle experte. Le soir, René raconte son aventure à éluard qui se fait servir le lendemain son petit déjeuner au lit et invite Odette à le rejoindre. Un trio provisoire se forme. » (op.cit.) Char et éluard, devenus inséparables, partagent le goût de la fête et de la séduction frénétique et arpentent les boulevards parisiens en quête d'aventures. Ainsi, le soir du 21 mai 1930, font-ils la rencontre d'une comédienne et trapéziste sans le sou : Nusch. « éluard décide de la ramener, tel un colis précieux, rue Becquerel. Mais il faudra toute l'amitié de Char et sa force de persuasion pour convaincre la jeune femme de rester afin de donner à éluard le temps, tout le temps de s'éprendre. ». (op. cit.) Char joua ainsi le rôle de médiateur et permit à éluard de conquérir le grand amour de sa vie, décédé prématurément en 1946 d'une hémorragie cérébrale. Malgré plusieurs brouilles passagères – jamais pour les femmes mais toujours pour les idées – les deux poètes entretiendront une relation amicale et intellectuelle forte jusqu'à la fin de la vie d'éluard. « Je suis vieux, René, par instants – à force de ne plus aimer la vie. Je vis par devoir. Mais je t'aime profondément, comme je t'ai toujours aimé : ne te choque de rien ; venant de moi, tout est pour moi affection et admiration. [...] Quelle preuve de plus peux-tu en avoir que je te dise que tu es le seul homme à qui je pourrais avouer ce grand vide que je porte en moi et devant qui je pourrais pleurer autant que j'en ai toujours envie. »

6 800 €

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